Cahier des charges européen sur la vinification : Décision toujours en suspens

Les vendanges 2010 approchent et le cahier des charges européen sur la vinification biologique n’en finit pas de faire des vagues. Réunie le 26 avril dernier, la Commission permanente de l’agriculture biologique (Scof) n’a pas réussi à trouver une majorité qualifiée (1) pour décider de l’adoption ou non du texte.

Le principal désaccord porte, encore et toujours, sur les doses de sulfites. Pour les vins rouges, l’Allemagne réclamait 130 mg/l, alors que la Commission propose 100 mg/l. Le texte actuel prévoit qu’en cas de catastrophes climatiques, la dose de 150 mg/l (c’est le plafond fixé par l’OCM pour les vins conventionnels) pourra être autorisée. “Mais l’Allemagne ne pourra pas se déclarer tous les ans en catastrophe climatique !”, note Jean- François Hulot, chef d’unité agriculture biologique à la Commission européenne. “La piste de la régionalisation a été explorée, ajoute t-il, comme celle d’un échelonnage des doses avec un plafond à atteindre en quelques années, mais ces deux solutions ont été abandonnées car trop difficiles à mettre en oeuvre.” La contre proposition pourrait consister à baisser de 30 mg/l les doses de sulfites pour tous les vins… loin des ambitions initiales qui évoquaient une réduction de 50 %.

D’autres points de blocage existent. Pierre-Abel Simoneau, responsable de la charte de vinification bio de la Fnivab, assure que le groupe de convergence français, représenté au comité par Isabelle Mellier, n’approuvera pas le texte tant que le bisulfite d’ammonium n’y sera pas autorisé pour les moûts.

Le texte propose d’interdire un certain nombre de pratiques oenologiques, comme la concentration par le froid, l’élimination du SO 2 dans le vin, l’électrodialyse, la désalcoolisation, les échangeurs de cations. Trois autres techniques sont, elles, soumises à conditions jusqu’en 2013 (puis seraient ré-éxaminées à cette date) : la filtration, supérieure à 0,2 micron, l’osmose inverse, autorisée uniquement pour les moûts concentrés et les moûts concentrés rectifiés, et la flash-pasteurisation, limitée à 65 °C. Sur ces points non plus, le projet ne fait pas l’unanimité.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans Biofil N° 70– Mai-Juin 2010

Inscrivez-vous à la newsletter
gratuite de BIOFIL.