Produits de nettoyage et désinfection en transformation bio

3 questions à Bernard Lignon, président de la commission Produits transformés du Cnab

 

Bernard Ligon (crédit : C. Rivry-Fournier)

1 – Pourquoi n’existe-t-il pas aujourd’hui de liste positive de produits de nettoyage et désinfection (N&D) pour les produits transformés ?

La première raison est l’absence d’obligation réglementaire. Il n’y a de liste positive de produits de nettoyage ou de substances détergentes que pour l’ensemble des transformateurs. Quelques entreprises font le choix de ne pas utiliser certaines substances, mais il n’y a pas de démarches harmonisées. L’idée d’instaurer un cadre plus cohérent avec les principes de la bio est une véritable opportunité.

Le sujet est très complexe car un produit de N&D est un produit technique avec des substances tensio-actives pour le nettoyage, des substances biocides comme désinfectants et des substances appelées co-formulants qui améliorent l’efficacité et la conservation du produit. La Commission européenne a reçu plus de 1 200 substances remontées par les États membres. Il faudra « nettoyer » cette liste…

Enfin les opérateurs utilisent des produits, pas une liste de substances. Une substance utilisée pure peut être dangereuse mais une fois diluée, elle peut être inoffensive tout en restant efficace. C’est pourquoi il serait plus pertinent de définir des critères pour sélectionner le produit final.

 

2 – Quels sont, selon vous, les critères à appliquer pour qu’un produit soit éligible à une utilisation dans un process de transformation ?

Trois critères s’imposent : la sécurité alimentaire des consommateurs, celle des opérateurs (fabricants, utilisateurs) et bien sûr l’impact environnemental. Ces critères doivent être définis pour les substances et les produits mais aussi s’appliquer aux process de fabrication. Il faut également des critères techniques afin de tenir compte des activités de nettoyage, du type de matériaux ou de surfaces à nettoyer. Ces critères devront être contrôlables. Les transformateurs ne peuvent pas faire ce travail seuls de leur côté. C’est pourquoi au sein du Synabio (syndicat des transformateurs et distributeurs de produits bio en France), un groupe de travail a été constitué.

 

3 – Quels sont vos partenaires pour l’élaboration de cette liste au niveau national et européen ?

Ce groupe de travail s’est tout de suite ouvert à différents experts dans des domaines complémentaires. Participent des membres du Cnab, l’Inao, le ministère de l’Agriculture, le ministère de la Transition écologique, l’Afise (association professionnelle française des industries de la détergence des produits d’entretien et des produits d’hygiène industrielle), un formulateur de produits écodétergents, un organisme certificateur, l’Itab, sans oublier des associations européennes de transformateurs bio.

 

Propos recueillis par Olivier Catrou, Lucile Roussel, Sandrine Thomas, pôle Bio Inao

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