Cosynus : favoriser la biodiversité fonctionnelle pour agir sur les ravageurs

Tunnel de cultures de courgettes aménagé. ©Grab

Réguler les ravageurs, principaux générateurs de dégâts dans les cultures légumières sous abris, est l’objectif du programme Cosynus – Conception de système de culture favorisant la régulation naturelle des organismes nuisibles.

Démarré en 2019 pour six ans, ce projet Ecophyto « vise à trouver les leviers agroécologiques favorisant la biodiversité fonctionnelle pouvant agir sur les ravageurs, et ainsi réduire les IFT », détaille son animateur, Jérôme Lambion, ingénieur d’expérimentation au Grab – Groupe de recherche en agriculture bio – basé à Avignon. Les expérimentations sont réalisées sur trois sites complémentaires, dans le Sud-Est, sous abris froids, dont deux chez des producteurs, et le troisième à la station expérimentale de la Sérail. Un des systèmes est en bio, avec l’objectif de réduire les impacts des nuisibles, les coûts d’intrants – notamment des achats d’auxiliaires pour les lâchers – et assurer les performances des systèmes, sans trop augmenter la main-d’œuvre. « À la Sérail, l’ambition est de descendre à un IFT zéro, ce qu’on ne peut pas faire chez un producteur », souligne le responsable du projet, auquel participe aussi de nombreux partenaires.

 

Constituer des réservoirs d’auxiliaires sur les fermes

Certains leviers sont durables, en fournissant de la nourriture et de l’habitat aux auxiliaires. « Pour cela, des bandes fleuries constituées d’espèces vivaces – souci, achillée, alysse, lotier – sont implantées dans les abris », explique Jérôme Lambion. Divers aménagements et techniques sont aussi développés comme le semis de céréales en bordure d’abri, et la plantation d’espèces annuelles dans la culture, comme l’alysse. Autre levier : le transfert actif d’auxiliaires des aménagements vers la culture, avec des plantes relais. « L’ensemble de ces dispositifs a pour but de constituer un réservoir d’auxiliaires directement sur l’exploitation », précise le coordinateur du projet. Ainsi, cette autoproduction d’auxiliaires pourra venir compléter d’autres méthodes de protection comme la lutte biologique classique par lâcher.

 

Premier bilan positif

Plantations de soucis, de céréales et d’achillée au pied des bâches. (©Grab)

« Le but est de montrer aux producteurs que c’est faisable. » Les résultats des trois premières années du projet le prouvent : les performances des systèmes sont maintenues tout en diminuant les frais d’intrants. Néanmoins, les coûts de main-d’œuvre liés aux stratégies adoptées sont augmentés. Une visite organisée le 14 juin sur le site d’essai du Grab, situé chez le producteur Frédéric Bon à Châteaurenard dans les Bouches-du-Rhône, a fait le point sur ces résultats. Pour le maraîcher bio qui cultive ses légumes sous 12 000 m2 d’abris froids plastiques et sur 2 hectares de plein champ, « le but est de contribuer à l’établissement d’un modèle qui puisse être appliqué de manière élargie ». Lors de la visite, une trentaine de producteurs et de techniciens ont pu échanger autour des différents aménagements et stratégies déployées depuis un an. « Le bilan est positif, conclut Frédéric Bon. Les ravageurs ont été bien contrôlés grâce aux prédateurs, via la biodiversité fonctionnelle. La culture a été saine tout au long de la campagne. Sous abris, il y a une belle vie avec notamment araignées et forficules. On peut trouver dans un contexte proche des prédateurs qui vont nous aider à lutter contre les ravageurs dans nos serres. C’est une source d’espoir. »

 

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