Les services de la faucheuse inter-rangs Eco-Mulch

La faucheuse inter-rang au service de pratiques agronomiques prometteuses.

La faucheuse inter-rangs d’Eco-Mulch, fruit d’essais lancés en 2016 (voir Biofil 126), est opérationnelle. À l’origine de cet outil novateur, Régis Hélias, animateur national de la filière biologique à Arvalis en rappelle l’objectif : « Elle est au service d’un concept agronomique innovant répondant à deux enjeux : la maîtrise des adventices et l’apport d’azote atmosphérique par une plante-service ».

Concrètement, le semis de luzerne est géoréférencé avec un tracteur doté d’un guidage GPS avec une correction du signal RTK. Puis la culture de rente, notamment blé tendre, dur, orge de printemps, est semée entre les rangs de luzerne en les séparant dans l’espace. « Nous avions besoin d’un outil pour gérer la croissance d’une espèce sans toucher à l’autre, explique Régis Hélias. Lorsqu’on implante du blé et de la luzerne en mélange, la seconde domine le premier. Il fallait donc trouver une astuce mécanique pour la contrôler. »

 

Une démarche agronomique

Installée sur le porte-outil Gaïa d’Eco-mulch, la faucheuse coupe la luzerne entre les rangs de blé de façon à inverser la compétition entre les deux espèces. La légumineuse poussant à l’ombre du blé bénéficie de la lumière dès la céréale récoltée. La luzerne croît rapidement et rend divers services : captation de l’azote atmosphérique, couverture du sol, concurrence des adventices, lutte contre l’érosion et captation de carbone pour lutter contre le réchauffement climatique. Régis Hélias ajoute : « En principe, un agronome commence par les plantes exigeantes en azote et finit par celles qui le sont moins. Là, on fait l’inverse car, à l’installation, la luzerne restitue peu d’azote. En revanche, plus elle restituera de biomasse, plus on mettra des cultures exigeantes en azote. En prolongeant le raisonnement, certains ravageurs, notamment le phytonome, deviennent des auxiliaires car ils remplacent la faucheuse. Cela rebat les cartes de l’agronomie. De nombreux agriculteurs se projettent dans cette technique, y compris sur de grandes surfaces, sans attendre l’intégralité des résultats de nos expériences. »

 

« Rigueur et anticipation »

Outre la luzerne, des essais Arvalis sont menés aussi avec d’autres légumineuses, sainfoin, lotier et trèfle violet, « des espèces qui restent sur le rang », complète Régis Hélias. Le projet casdar Graal – Gestion d’un couvert permanent de légumineuse par fauchage en inter-rang d’une culture principale – est lancé pour mieux affiner cette technique agronomique partout en France. « Cette pratique, dont la mise en œuvre est facilitée par les outils de guidage pointus et du matériel adapté, est perfectible. Elle n’est pas compliquée, mais demande rigueur et anticipation, résume Régis Hélias. Elle est prometteuse, et on découvre plein d’usages possibles pour cet outil. » (De 3 m à 18 m de largeur. Pour 6 m : entre 110 000 et 120 000 euros pour un équipement complet).

 

Gilles Hardy

 

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