Attache : quelles solutions dans un futur sans dérogation ?

L’adaptation à la réglementation bio post-2021 pourrait avoir des conséquences économiques et financières non négligeables pour ces éleveurs. (©M. Dupuy)

Quelles conséquences pour ces éleveurs ?
Les éleveurs avec plus de 50 bovins hors jeunes et utilisant encore des bâtiments traditionnels ne pourront plus obtenir de dérogation “attache” dès l’hiver 2021-2022, voire dès l’hiver précédent (1). Et ce, même si la pratique ne concerne qu’un petit lot de génisses. Ces éleveurs sont installés en majorité dans des exploitations sous forme sociétaire, et en zone de montagne. En Franche-Comté et en Savoie, ils ont surtout des vaches laitières ; en Auvergne plutôt des vaches allaitantes. Dans ces régions, ils ont en moyenne plus de 45 animaux à l’attache et seulement un tiers d’entre eux évoquaient, lors de leur dernière demande de dérogation, un projet en cours ou en réflexion. Certains expliquent avoir déjà investi récemment mais manquent malgré tout encore de place. Quoi qu’il en soit, l’adaptation à la réglementation bio post-2021 pourrait avoir des conséquences économiques et financières non négligeables pour ces opérateurs : soit ils devront réduire la taille de leur cheptel, soit ils devront loger autrement tous les animaux aujourd’hui attachés, soit ils perdront leur habilitation à produire en bio.

Quelles solutions ?
Même de manière temporaire – le temps qu’un projet se mette en place –, il sera difficile de retenir la première de ces trois options car peu d’éleveurs dépassent de seulement 2 ou 3 têtes la barre des 50. Une modification de l’étable existante est peut-être réalisable facilement pour ceux qui attachent un petit nombre d’animaux. Mais pour ceux qui doivent et pourraient envisager une nouvelle construction, ils risquent maintenant de ne pas être prêts pour 2021 ; d’autant plus qu’ils ne sont pas certains de pouvoir obtenir un accord de subvention dans ces délais.

Les éleveurs sont-ils prêts à faire évoluer leur système ?
Ils disent attacher des génisses pour les rendre plus dociles. Ils n’écornent pas leurs bovins et jugent l’attache plus sécuritaire qu’une stabulation libre. Ils ne produisent pas de céréales et veillent donc à minimiser les achats de paille pour la litière, son prix étant de plus en plus fort. Ils ont modernisé leur étable en y installant des caméras pour mieux surveiller les vêlages. Ils y ont même installé des robots pour distribuer l’aliment. S’ils sortent de la bio, comment seront impactées les filières pour lesquelles ils produisent ?

(1) Pour l’hiver 2020-2021, au cours duquel aura lieu le passage de l’actuel au futur règlement, il faudra faire la demande de dérogation avant le 31 décembre pour être couvert jusqu’à la mise à l’herbe.

Magalie Dupuy, référente agriculture biologique, Inao – délégation territoriale Auvergne Limousin

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