Hoplocampe : quelle efficacité du piégeage massif ?

Le CRA-W a besoin d’expérimentations complémentaires pour obtenir des résultats sur l’efficacité du piégeage massif contre l’hoplocampe. (crédit : Latinis R.)

Parmi ses nombreuses expérimentations sur les fruits à pépins, le Centre de recherche agronomique de Wallonie (CRA-W) en Belgique, teste le piégeage massif pour lutter contre l’hoplocampe du pommier (1). “En 2019, sur 34 ares d’un verger bio de Golden, Jonagold, Pinova, Jona Decosta, Elstar et Braeburn, nous testons les pièges chromatiques blancs Rebell”, indique Alexis Jorion, attaché scientifique au CRA-W. Deux blocs de la parcelle (modalité piégeage) contiennent les pièges à une densité de 200 par hectare. Deux blocs témoins disposent de seulement trois pièges pour vérifier le suivi des vols. “Nous avons installé les pièges le 15 avril et les avons retirés le 24 mai, période sensible de la ponte.” Toutes les semaines, les hoplocampes capturés sur les pièges sont comptés. “Les comptages montrent que le niveau de pression a été sensiblement le même sur l’ensemble de la parcelle d’essai.

Résultats à approfondir

Malheureusement, les dégâts sur fruits n’ont pu être comparés entre les deux modalités. “En 2019, nous avons eu une grosse attaque d’anthonomes, de chenilles défoliatrices, plus la sécheresse… Nous n’avons eu quasiment aucun fruit sur les arbres. Nous ne pouvons donc pas conclure pour le moment sur l’efficacité de la technique.” En outre, les expérimentateurs ont compté les auxiliaires capturés dans les pièges. “On y trouve en majorité des hoplocampes, environ 400. Peu d’auxiliaires sont capturés sauf les coccinelles, jusqu’à 200. Ce qui n’est pas négligeable, d’autant que ces dernières sont nécessaires au verger, pour lutter contre le puceron.

En 2020 et 2021, l’expérimentation sera reconduite, pour confirmer ou infirmer ces données et comparer les dégâts sur fruits. “Nous devons calculer aussi la faisabilité économique et technique, car 200 pièges Rebell reviennent environ à 950 euros par hectare. Une fois retirés, après la floraison, les pièges doivent être nettoyés pour pouvoir les réutiliser la saison suivante. Il s’agit d’une opération fastidieuse, et nécessitant des produits dissolvants pour enlever la colle. Et en début de saison, il faut réengluer et disposer les pièges dans les arbres. Le coût en temps et en argent n’est donc pas négligeable.

Frédérique Rose

(1) Dans le cadre d’un projet Interreg Wallonie-Flandre-France Zéro-Phyto F&L 2019-2021.

Source : Présentation lors de tech&Bio le 18 septembre 2019, à Bourg-lès-valence.

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