Tech et Bio : le lycée du Haut Anjou met l’accent sur la bio

Situé en Mayenne, le lycée professionnel agricole (LPA) du Haut Anjou hébergeait, cette année, le rendez-vous Tech et Bio de l’ouest des 6 et 7 juin derniers. Son exploitation compte notamment un atelier porcin bio en lien avec le groupement Bio Direct, dont il est adhérent.

Basé à Azé, près de Château-Gontier, le LPA du Haut Anjou a l’avantage d’être proche de la Bretagne et de la Normandie, attirant ainsi les éleveurs du Nord Ouest à Tech et Bio, ce d’autant mieux qu’il enseigne des pratiques agricoles bio. “Le développement durable et la bio sont le fil conducteur de notre projet d’enseignement ; nous sommes en mesure de présenter les techniques existantes et alternatives”, précise le directeur Paul Revollon. Ce virage pris en 2008 doit être aujourd’hui le leitmotiv de tous les établissements. Au lycée du Haut Anjou, il est plutôt bien engagé. Sur116 ha de terres que compte son exploitation, près de31 ha sont en bio, dont la moitié dédiée à 200 truies bio conduites en plein air.

Lien avec Bio Direct

Les truies sont menées en 8 bandes. Ainsi, 220 porcelets par bandes sont sevrés toutes les trois semaines (1). Une filière est constituée avec deux éleveurs post-sevreurs engraisseurs de Bio Direct. “Je reçois 200 porcelets toutes les 6 semaines ; ils sont 5 semaines en post-sevrage et partent à l’abattage à 6 mois”, précise l’un deux, Hervé Sochon, éleveur bio à Vaiges en Mayenne. Bio Direct impose des critères stricts à l’élevage du lycée. “Nos porcelets ont un poids moyen de 11,5 kg à 6 semaines, des aplombs corrects, ils sont castrés et tatoués, précise Thierry Martinier, ancien élève du lycée, et responsable du cheptel depuis 1994. Nous n’avons jamais eu d’aussi bons résultats techniques et économiques que depuis qu’on est en bio”. Un constat que l’on doit en partie à l’auto renouvellement opéré dès la conversion, avec le conseil de Bio Direct. “On “fait” nos cochettes pour éviter des problèmes sanitaires venant de l’extérieur”, explique Thierry Martinier.

Atelier porcin : des prédispositions à la bio

À Bio Direct on ne tarit pas d’éloge sur l’élevage. “En conventionnel, il était déjà proche de la bio avec le lien au sol et un recours aux antibiotiques très restreints”, explique René Orin, technicien du groupement qui suit l’élevage. “J’ai toujours privilégié la phytothérapie, les méthodes préventives étant bien mieux adaptées au plein air, plutôt que des traitements curatifs”, explique Thierry Martinier. Si, en 2008, le déclencheur de la conversion a d’abord été économique, il résultait d’un vrai choix. “Le cours du porc était très bas, on se posait des questions sur l’avenir, le passage en bio a été la solution et n’a pas posé de problèmes, le seul changement a été le temps de sevrage, 6 semaines au lieu de 3, mais surtout nous étions convaincus par notre choix, c’était l’essentiel. Après, il faut suivre les règles”, explique Thierry Martinier.

Frédéric Ripoche

À visiter : www.lpahautanjou.fr

(1) 25 truies par bande, à raison d’une moyenne de 9 porcelets/truie.

Enseignement : ouvrir les esprits

Le lycée dispense trois bacs professionnels dans trois filières pour près de 200 élèves ; aquaculture, animalerie et élevage. Cette dernière comprend une approche bio. “Nous l’introduisons à différents niveaux, dont un module complet, mais toujours en regard de l’agriculture conventionnelle, explique Paul Revollon. Notre approche est progressive et transversale pour répondre à toutes les attentes, et parce que nos jeunes issus du milieu agricole n’ont pas forcément à la base un regard positif sur la bio. C’est un challenge intéressant”. L’exploitation du lycée est un support. “Nous avons des élèves stagiaires en travaux de sevrage, castration ou travaux de pointe et des ateliers TP sur l’élevage”, souligne Régis Mézières, responsable de l’exploitation. L’approche se fait au-delà des classes. La cantine intègre une part de produits bio et locaux, avec le concours du Civam bio de Mayenne. Outre le porc bio, l’exploitation du lycée mène un troupeau de bovins Rouge des Prés en AOC Maine Anjou.

L’élevage porcin du lycée

200 truies (Large white/Landrace) naisseurs en plein air. Les naissages sont faits par insémination artificielle (verrats Piétrains sélectionnés par Bio Direct). Une partie de l’aliment est fabriquée à la ferme (intervention de la SANM, en Faf mobile).

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