La bio : toujours dynamique dans une conjoncture difficile

L’Agence Bio vient de présenter les dernières évolutions du secteur de l’agriculture biologique portant sur le 1e semestre 2012.

En voici les principales tendances :

Dans un contexte de baisse de la consommation alimentaire au premier semestre 2012 (-1% pour les achats des ménages en Hyper et Super – source SymphonyIRI), le marché des produits bio continue son essor dans tous les circuits de distributions (avec des situations variées suivant les magasins, les secteurs de produits et les mois de l’année).

Plus de 4,1 milliards d’euros de CA

S’agissant de la grande distribution, au cours du 1er semestre 2012, la consommation de produits alimentaires bio dans les secteurs de l’épicerie, des boissons (hors vin) et des produits frais à poids fixe a augmenté de 4,7% par rapport à la même période en 2011 (résultats du Panel IRI, représentant le tiers de l’ensemble du marché alimentaire bio français). Ainsi d’après les premières estimations, l’ensemble du marché des produits bio (y compris restauration collective) pourrait dépasser 4,1 milliards d’euros en 2012.

Le secteur de la production bio est également dynamique : 880 producteurs et 306 transformateurs et distributeurs supplémentaires se sont engagés en bio depuis le début de l’année. La « Bio made in France » gagne ainsi du terrain amenant les importations de produits bio à passer sous la barre des 30%.

Plus de 36 400 opérateurs bio  au 30 juin 2012

Au cours du premier semestre 2012, 1 186 opérateurs supplémentaires se sont engagés en agriculture biologique. Toutes catégories confondues, on dénombrait au 30 juin 2012 plus de 36 400 opérateurs bio :

–  24 015 producteurs (880 producteurs supplémentaires au premier semestre 2012), représentant 7% de la main d’œuvre agricole française. Ainsi au cours des 4 dernières années, le nombre d’exploitations bio a quasiment doublé en France passant de 12 000 en 2007 à plus de 24 000 mi-2012.

12 442 opérateurs aval,  préparateurs et distributeurs et importateurs de produits biologiques (+306 opérateurs supplémentaires au premier semestre 2012).

L’engagement de nouveaux producteurs a permis de dépasser le seuil du million d’hectares engagés en bio au cours du 1er semestre 2012.

+ 25 % des surfaces certifiées bio

Au vu des 173 000 ha en dernière année de conversion fin 2011, l’augmentation des surfaces certifiées bio (portant une production mise sur le marché avec la mention bio) est estimée à 25% en 2012. La situation est très contrastée d’un secteur de produits à l’autre.

La croissance est spécialement forte dans le secteur laitier. Au cours du 1er semestre 2012, la collecte de lait de vache bio a augmenté de 39% par rapport à la même période de 2011. Cette hausse permet à la filière laitière biologique d’être en équilibre.

Aussi, on estime à près de 30% l’augmentation des surfaces de céréales récoltées en bio durant l’été 2012. Cette hausse de la production française de céréales biologiques permet de répondre à la demande croissante de produits biologiques à base de céréales.

S’agissant du secteur de la viticulture et de la production fruitière, les surfaces au terme de la période de conversion ont respectivement augmenté de 38 et 18%. Dans ces deux secteurs, le contexte climatique a amené des situations contrastées d’une région à l’autre.

Le bio « made in France » gagne du terrain

Le boom  de la production certifiée bio en 2012 permet à la filière de développer ses approvisionnements en France. De 38% en 2009, la part (en valeur) des produits bio « importés » consommés en France devrait passer sous la barre des 30% en 2012.

De l’ordre de la moitié de ces importations de produits biologiques concerne des produits non-substituables tels que le thé, le cacao, les fruits exotiques, les agrumes et produits dérivés (jus d’oranges…). L’autre partie diminue.

Perspectives de développement

Dans le cadre du recensement agricole réalisé en 2010, 18 500 agriculteurs conventionnels avaient déclaré envisager la conversion de leur ferme d’ici 2015. Compte tenu des décisions d’engagements en bio prises depuis le 1er septembre 2010 jusque fin juin 2012, environ 12 500 agriculteurs auraient, à titre strictement indicatif, l’intention de convertir leur ferme à la bio d’ici le 1er septembre 2015.

Certains secteurs présentent également de nouvelles perspectives de développement : les premiers « vins bio », remplaçant les « vins issus de  raisins biologiques » vont apparaître dans les rayons avec l’entrée en application de la nouvelle réglementation depuis le 1er août 2012. Le nombre de viticulteurs bio est de plus en plus important : au cours des quatre dernières années, les surfaces du vignoble bio français ont presque triplé, passant de 22 509 ha en 2007 à 61 055 ha en 2011 (+21% par rapport à 2010).

De son côté, la restauration commerciale peut désormais s’appuyer, depuis ce 1er octobre, sur un cahier des charges national réglementant l’utilisation de la mention bio. Une nouvelle garantie pour les consommateurs qui plébiscitent la Bio en restauration hors domicile : fin 2011, 56% se disaient intéressés par des produits bio au restaurant et 46% en restauration rapide.

De plus en plus structurée, la filière est bel et bien en ordre de marche pour répondre à la demande des consommateurs : en 2011, 60% d’entre eux ont consommé des produits bio : 40% au moins une fois par mois, 20% au moins une fois par semaine et 6% tous les jours.

Les informations détaillées dans le dossier de l’Agence Bio

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