Baromètre Agence Bio : + 15 % de nouveaux consommateurs bio en 2020

Les Français plébiscitent les petits producteurs, circuits courts et délaissent la GMS. (©CRF)

Dans le contexte inédit de la crise sanitaire, le 18e baromètre de l’Agence Bio dévoile des résultats très optimistes pour la bio. « La tendance du consommer sain, de saison, fait maison et éthique, identifiée lors du dernier baromètre de 2019 a été exacerbée par la Covid et les confinements », observe l’Agence Bio. « Les Français ont modifié leurs habitudes d’achats et leurs comportements alimentaires. » Et ce, en faveur de la bio.

Réalisée par Spirit Insight, cette enquête sur la consommation et la perception des produits bio en France (1) le met en avant : l’attirance pour le local se confirme. « Plus encore en 2020, pour près de 6 Français sur 10, consommer des produits de proximité, frais et de saison est devenu un acte militant de citoyens qui ont envie de soutenir l’activité économique autour de chez eux. Cela renoue les liens entre les producteurs et les consommateurs », se réjouit Philippe Henri, président de l’Agence Bio et polyculteur-éleveur en Meurthe et Moselle, lors de la présentation du baromètre le 19 mars. « En contrepartie, les grandes surfaces, circuit leader en bio avec près de 60 % des ventes, ont été un peu délaissées, précise-t-il. Cette tendance est nouvelle, et cet infléchissement mérite qu’on s’y intéresse. » Pour les 50 000 producteurs bio français, dont la moitié environ pratique plus ou moins la vente directe, ces évolutions révèlent un marché dynamique, innovant et toujours en croissance.

 

 

Nouveaux recrus : les jeunes

Malgré la crise, 2020 est marquée par la venue de 15 % de nouveaux consommateurs bio. Fait inédit et encourageant, les plus recrutés sont les jeunes de 18 à 24 ans « en majorité pour des raisons environnementales », suivis par des populations aux pouvoirs d’achats plus faibles, ouvriers ou employés. « Avec au total, 9 Français sur 10 en consommant, la bio est vraiment rentrée dans les mœurs, confirme Laure Verdeau, directrice de l’Agence Bio. Et parmi eux, 13 % en mangent tous les jours, ce qui est un très bon signe. » Et selon le baromètre, l’élan va perdurer : 80 % des Français envisagent de maintenir dans le futur leur niveau de consommation bio, et 11 % de l’augmenter. « C’est rassurant pour l’avenir du marché bio », analyse Philippe Henri. Estimé à 12 milliards d’euros début 2020, le marché français poursuit sa croissance. Les chiffres consolidés seront présentés en juillet prochain. Les motivations d’achat de bio se renforcent, pour la santé d’abord, et de plus en plus pour protéger l’environnement, le sol, l’air, l’eau, la biodiversité.

 

 

Le prix, un frein qui s’atténue

Selon le baromètre, l’image de la bio auprès des consommateurs reste bonne, non seulement pour protéger l’environnement et la santé, mais aussi grâce à de meilleures qualités nutritionnelles, et pour créer de emplois. Même si le frein du prix diminue, il continue à dominer comme argument limitant l’élan de consommation. « On remarque cependant que les consommateurs comprennent de plus en plus les contraintes et risques de l’agriculture bio, et la nécessité d’une juste rémunération des producteurs, explique Laure Verdeau. En outre, comme ils cuisinent, ils sont enclins à utiliser des produits bruts, non emballés, et gaspillent moins. Et les produits locaux, avec moins d’intermédiaires, et de saison sont moins chers. »

 

 

Répondre aux besoins d’informations

Si le logo AB est presque connu de tous, l’Eurofeuille, obligatoire sur les produits bio, le devient de plus en plus. Cependant le baromètre pointe un besoin d’informations sur différents aspects de la bio. « Les consommateurs ont besoin d’être rassurés sur les contrôles, les certifications, et la réglementation, souligne Laure Verdeau. Cela va être le cœur de notre mission d’intérêt général à l’Agence Bio. » Les demandes concernent aussi des éclaircissements et garanties sur l’impact environnemental des produits bio, ainsi que sur leurs effets sur la santé. « Il y a également un travail d’information à faire sur l’origine des matières premières entrant dans la transformation, appuie Philippe Henri. Le but est de conserver la confiance des consommateurs. »

 

 

(1) L’enquête a été réalisée auprès d’un échantillon de 2 100 personnes majeures représentatif de la population française (méthode des quotas) entre le 13 novembre et le 1er décembre 2020.

C. R-F.

 

En savoir + : agencebio.org

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