Les produits alimentaires sont devenus des produits financiers

Jean Ziegler, vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, peste toujours autant contre la spéculation qui concerne les produits alimentaires.

Dans Le Monde Diplomatique de février, il rappelle que les contrats à terme permettent de vendre à un prix fixé avant la récolte, protégeant l’agriculteur face à une éventuelle chute des cours. Au début des années 1990, ces produits à vocation prudentielle se transforment en produits de spéculation. Entre 2003 et 2008, d’après Heine Flassbeck, économiste en chef à la Conférence des nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), la spéculation sur les matières premières au moyen de fonds indexés avait augmenté de 2 300 %, et généré une flambée de prix responsable des émeutes de la faim. En 2011, d’après le rapport de la FAO, seuls 2 % des contrats à terme portant sur les matières premières aboutissaient vraiment à une livraison de marchandises. 98 % étaient revendus par des spéculateurs avant leur date d’expiration. Le Sénat américain voudrait voir un contrôle mondial des prix des matières premières, comme l’a aussi suggéré le forum de Davos, témoigne Jean Ziegler. Au final, Heine Flassbeck veut “arracher aux spéculateurs les matières premières notamment alimentaires”, en obligeant ceux qui négocient un lot de grains ou des hectolitres d’huile de livrer obligatoirement le bien alimentaire négocié. Seule manque pour le moment la volonté des États, regrette Jean Ziegler.

Notre revue de presse se veut un éclairage utile sur ce qui se dit sur la profession, en bien ou en mal, mais ne représente pas nécessairement l’opinion de la rédaction de Biofil sur les sujets traités.

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