Sécheresse : combiner les leviers

Lukasz Gburzynski conduit la production “dans l’optique de travailler le sol le moins possible”. (crédit : Marion Coisne)

À Fleury-en-Bière (Seine-et-Marne), aux Jardins de Courances, 5 hectares de légumes sont cultivés sur des terres sableuses, dont 2 000 m² sous abris. Lukasz Gburzynski, salarié, conduit la production “dans l’optique de travailler le sol le moins possible”. Les outils animés, type fraise, ont été bannis, et la charrue ressortie au besoin, “pour beaucoup moins abîmer le sol”, explique Lukasz Gburzynski. La part belle est faite aux engrais verts : “Une partie de la ferme est en grandes cultures, nous récupérons diverses espèces : seigle, triticale, trèfle. Pour l’instant, c’est assez opportuniste mais nous travaillons sur cet aspect”.

Le sol est couvert avec du plastique ou des paillages : paille, feuilles et compost de déchets verts plus ou moins tamisés. Quant aux mulots, “c’est un problème non négligeable, mais moins qu’on ne le craignait. C’est plutôt une question de culture que de paillage : les courges paillées sont moins attaquées que les patates douces sans paillage. Nous cherchons des solutions”.

Limiter l’évapotranspiration

Pour Lukasz Gburzynski, pas de doute, “le système est beaucoup plus résilient par rapport à l’eau, grâce au fait de couvrir le sol et surtout de ne pas le travailler. Couvrir si le sol est travaillé comme d’habitude n’est pas tellement efficace. Non travaillé, le sol stocke l’eau, et on limite l’évapotranspiration. Nous avons réduit nos besoins en eau”.

Mais de là à réussir à se passer d’irrigation, le pas est très compliqué. “Une année comme 2019 dépasse la capacité du sol à être un outil de production.” Il illustre : “Tant qu’il y avait des pluies régulières, le système fonctionnait, mais à leur arrêt, les semis ne prenaient plus”. Les résultats sont meilleurs avec des repiquages, qui offrent la possibilité de laisser plus de couvert. Prochain objectif : “Nous réfléchissons avec un fabricant de semoirs à un outil pour semer sous couvert”, espère Lukasz Gburzynski.

Marion Coisne

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