Matériel : l’automate Ponchon évolue avec un guidage GPS indépendant

Après des ajustements, l’automate répond encore mieux aux besoins du producteur. (©Frings)

Le prototype de robot, mis au point par la start-up Ponchon à la demande des producteurs de légumes Jacques et Frédéric Frings, continue d’améliorer ses performances (lire aussi Biofil 121).

Cet outil d’aide à la récolte, puis au désherbage et au semis, devient automate sans assistance : « Nous avons travaillé tout l’hiver à améliorer le fonctionnement d’un GPS RTK sans abonnement pour guider le robot, se réjouit Frédéric Frings. Et nous venons de faire ainsi les premières plantations de persil et menthe sans l’aide d’une personne mobilisée pour aider le guidage. » En effet, jusqu’à présent, la direction de l’automate devait être ajustée manuellement à l’aide d’un joystick.

 

Comment ça marche ?

« L’objectif était de proposer un système très facile d’utilisation », résume Julien Poncet, ingénieur fondateur-associé de Ponchon, concepteur de ce matériel. Un boîtier mobile d’acquisition de données se positionne sur la traceuse ou le semoir et enregistre la position exacte de la ligne de plantation ou de semis. Ce boîtier est ensuite placé sur l’automate. « Quand le robot Ponchon est en position au début d’une planche préalablement tracée et enregistrée, il suffit d’appuyer sur le bouton d’avancement autonome, explique Frédéric Frings. Le robot suit tout seul la planche avec une haute précision jusqu’à arriver au bout. » Pour manœuvrer, le choix a été fait de reprendre le guidage manuel.

Afin d’éviter aux agriculteurs de payer l’abonnement RTK d’environ 100 euros par mois, les ingénieurs de Ponchon ont mis au point un système avec deux antennes fixes installées sur la serre, l’une GPS, l’autre de signal radio, d’une portée de deux kilomètres : « la première reçoit le signal GPS, la seconde envoie la correction au robot », explique Julien Poncet. Le boîtier installé sur le traceur et ensuite sur le robot enregistre les données, et l’algorithme ajuste le déplacement sur la ligne. « La trace est conservée sur la durée de la culture, voire plus si besoin ».

Vitesse et confort du travail améliorés

Ainsi amélioré, le robot augmente ses performances : « On peut donc faire des plantations, du désherbage manuel, et récolter sans avoir à s’occuper de la conduite ». La vitesse d’avancement se règle avec un potentiomètre. « On peut avancer de 50 m/h à 10 km/h mais difficile d’atteindre la vitesse maximum en autonome. » Frédéric Frings évalue à 30 % de gain de temps sur les différentes tâches réalisées. « L’automate étant utilisé 800 heures par an, avec deux personnes, il s’amortit sur les charges salariales. Il n’a plus besoin de quelqu’un habitué au guidage manuel. De plus, le confort de travail est nettement amélioré. »

L’autre nouveauté apportée est la mise en place d’un relevage 3 points à l’arrière d’une capacité de 300 kg, compatible avec tous les outils non animés. « Le Ponchon est finalisé et opérationnel avec une prise en main aisée pour tous, et nous sommes prêts à le diffuser », affirme Julien Poncet.

 

Christine Rivry-Fournier

 

Son prix : entre 25 000 et 30 000 euros HT avec le boîtier GSP RTK.

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Rappel : article paru dans Biofil 121

Un assistant de récolte automatisé et évolutif

En bio depuis 1977 en Seine et Marne, Jacques Frings et son fils Frédéric venu le rejoindre en 2012 mettent au point un assistant de récolte automatisé et évolutif. Cette ferme de 67 hectares, dont 15 en légumes de plein champ (lire Biofil 116), souhaite réduire la pénibilité du travail. « Notre priorité est de faciliter nos récoltes d’asperges, de tomates, de blettes, de courgettes et de haricots verts, explique Frédéric Frings. Notre souci est d’améliorer les conditions de travail de nos salariés. » Avec l’aide de deux jeunes ingénieurs, créateurs de la start-up Ponchon, ils réfléchissent à un outil adapté à leurs besoins, « capable de passer sur les planches qui, chez nous, sont larges de 1,55 m, avec 1,70 m d’entre-rang et d’enjamber les cultures hautes ».

 

Assis au-dessus des planches

Le prototype, livré en mai 2018, avance sans bruit grâce à une batterie de 10 heures d’autonomie, rechargeable en une heure et demie. Il enjambe la planche sur 90 cm de haut. La plage de vitesse va de 50 m à l’heure à 10 km/h. Deux moteurs sont installés sur les deux roues arrière, chacune étant directionnelle. Deux bras pivotants dotés de sièges où prennent place les cueilleurs, facilitent la récolte sur les rangs. L’outil est piloté avec un joy stick pour ajuster la trajectoire. « Le rendement de la cueillette a presque doublé en courgette, avec beaucoup plus de confort qu’avant, se réjouit Frédéric Frings. L’avantage est que cet outil est modulable. ». D’assistant de récolte, il se transforme en lit de désherbage en clipsant des barres pour y installer un matelas.

 

C.R-F

 

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