Vaches laitières / Robot de traite et pâturage : c’est possible ?

À Trévarez, 60 vaches alternent pâture et robot. L’autonomie alimentaire est  assurée avec 2,7 tonnes de MS d’herbe pâturée et moins d’un kilo de concentré pour un objectif de 6 000 kg de lait/vache/an.

À Trévarez, 60 vaches alternent pâture et robot. L’autonomie alimentaire est assurée avec 2,7 tonnes de MS d’herbe pâturée et moins d’un kilo de concentré pour un objectif de 6000 kg de lait/vache/an.

L’usage du robot de traite se développe. Mais il est souvent associé à un pâturage limité, voire inexistant. Qu’en est-il en agriculture biologique ? L’outil est-il envisageable avec un système pâturant ?

 INTERVIEW de Valérie Brocard, chef de projet Systèmes d’élevage bovins lait à l’Institut de l’élevage.

 Entre 2010 et 2015, le nombre de fermes équipées a doublé, passant à près de 5000 robots en France. Ces données de l’Institut de l’élevage ne spécifient pas leur nombre en bio. A priori, les élevages bio l’ont encore peu adopté, mais l’afflux massif de conversions fait penser que sa présence s’accentuera. En juin, Tech&Bio Grand Ouest lui a consacré une conférence à partir de l’expérience de la station expérimentale de Trévarez dans le Finistère. Pour Valérie Brocard, de l’Institut de l’élevage, qui participe notamment à ce projet, pâturer avec un robot en bio est possible, mais pour cela, des conditions doivent être réunies.

Biofil : Dans quels travaux vous êtes vous impliqués ?

Valérie Brocard : Entre 2010 et 2013, à travers le Casdar “Robot de traite et pâturage”, nous avons réalisé un travail d’observation des pratiques dans 20 élevages français dont deux en bio. Des travaux ont démarré à Trévarez et à Derval, en Loire-Atlantique. Puis, de 2013 à 2015, on a enchaîné avec un projet européen, Autograssmilk. Nous sommes dans la diffusion des résultats. L’objectif a été de voir comment on peut concilier robot de traite et pâturage et une des solutions était d’avoir un système fourrager économe.

Quelle était la problématique ?

VB : Toutes les études montrent qu’avec le robot, il y a une très forte réduction ou plus du tout de pâturage après quelques années. Ce n’est pas cohérent en termes de bien-être animal et incompatible avec les attentes du citoyen comme l’ont montré des enquêtes du Cniel. Et cela pose un vrai souci économique si robot veut dire système d’alimentation coûteux parce qu’on ne pâture plus.

Qu’a révélé le programme européen ?

VB : Au Danemark, seuls les systèmes bio sont pâturants et parfois avec robots. En Suède…

(…)

Propos recueillis par Frédéric Ripoche

Lire l’intégralité de l’interview dans le Biofil n°107 – sept-oct. 2016

 

Inscrivez-vous à la newsletter
gratuite de BIOFIL.