Focus sur la volaille de chair

Lors du Space, salon international des productions animales, du 11 au 14 septembre à Rennes, les producteurs bio ont réaffirmé l’enjeu de maintenir une bio cohérente dans un contexte de fort développement. La volaille de chair est concernée.

En bio, la surface totale des bâtiments ne doit pas dépasser 1 600 m2 par exploitation avec 4800 poulets max/bâtiment et 4 m2/poulet sur les parcs. (crédit photo F. Ripoche)

La conférence “Volaille de chair : une filière attractive, les dynamiques de production et de commercialisation”, organisée par Initiative Bio Bretagne (IBB) et Inter Bio Pays de la Loire et animée par Juliette Protino du Synalaf, syndicat national des labels avicoles de France, fait un point sur les avancées et les évolutions de la filière. L’occasion pour les éleveurs Marc Pousin (VBO) et Pierre-Luc Pavageau (Bodin) de rappeler que le développement ne peut se faire sans déroger aux critères de qualité face à un cahier des charges bio européen sujet à interprétations.

Volaille de chair : un marché dynamique
La France est le premier pays producteur de poulets bio au niveau européen”, précise Juliette Protino, du Synalaf (1). Le poulet bio tire le marché avec une croissance continue, représentant la majeure partie des 9,7 millions de volailles bio produites en 2016 (+ 13 % vs 2015). Avec 10 % des ventes, le poulet prêt à cuire bio prend des parts de marché sur le Label Rouge et le standard. Or les promotions en bio sont rares, à l’inverse de ce qui se pratique pour les autres produits. Et les prix aux consommateurs sont stables, à 9,60 euros/kg. La grande distribution est le premier vecteur de vente suivi des magasins spécialisés. “La vente directe représente 19 %, niveau le plus élevé parmi les autres produits bio plutôt à 11 %”, indique Goulven Oillic (IBB). L’enjeu permanent de la filière est l’équilibre matière pour valoriser toute la carcasse.

Des organisations structurées
Marc Pousin, éleveur bio dans les Deux-Sèvres, préside la coopérative Volailles Bio de l’Ouest (VBO), dont le siège social est en Vendée, avec près de 40 producteurs. Biocoop, Unebio et l’abattoir Freslon sont ses trois clients, et un partenariat technique est mis en place avec Aliments Mercier. Les volailles sont écoulées à 75 % en magasins spécialisés avec “un taux de croissance de 20 %” et un prévisionnel 2017 à plus d’un million de volailles. La moitié des volumes est destinée à Biocoop. VBO laisse à ses adhérents une part possible de 25 % de vente directe. “10 % d’entre nous fabriquent leur aliment à la ferme et nos bâtiments d’élevage sont déplaçables”, précise le producteur. Pierre-Luc Pavageau, éleveur de bovins viande bio en Loire-Atlantique, a créé son atelier volailles en 2015. Il est l’un des 120 producteurs approvisionnant la société Bodin-volailles biologiques (Vendée), premier acteur bio en volailles, intégrée à la coopérative Terrena. “Nous représentons 40 % de la production française, souligne-t- il. Notre filière est très organisée avec une usine d’aliments 100 % bio et un abattoir spécialisé. Nous avons une large gamme de produits pour des clients très variés.

Frédéric Ripoche

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