Bruno Rabier, éleveur de volailles de chair à Josnes (41)

Bruno Rabier a fait le choix de nourrir ses 8 000 volailles de chair par an avec de l’aliment 100 % bio acheté à un fabricant, pour le démarrage et la croissance.

élevage de volailles bioInstallé en 1985 sur une ferme de 98 hectares, Bruno Rabier a converti les terres et l’élevage de volailles de chair en 2000, “parce que j’en avais assez de répandre des produits chimiques sur mes terres”. Il élève chaque année 6 500 poulets de chair et 1 500 pintades. Avec des collègues éleveurs de volailles bio, Bruno Rabier a constitué un GIE, qui facilite la vente de la production.

Un achat groupé

Bruno Rabier achète l’aliment auprès d’Agralys Thoreau (société du pôle animal du groupe Axéréal). Deux formulations sont distribuées, l’une pour le démarrage des poussins et pintadeaux, l’autre pour la croissance. Durant la période de finition, les volailles reçoivent du triticale produit à la ferme. “Le triticale va ralentir la croissance mais il va inciter les volailles à aller à l’extérieur pour pâturer et ainsi trouver dehors ce qu’elles n’ont plus dans l’aliment.”

Le GIE Volailles bio du Centre a obtenu du fabricant d’aliments qu’il réalise une formulation 100 % bio. Cela a été possible en raison de l’achat groupé soit environ 300 tonnes d’aliments chaque année. “C’était plus cohérent pour nous d’être 100 % bio, d’autant que nous sommes référencés chez Biocoop qui exige que les volailles soient nourries complètement en bio.”

La plus grosse difficulté de la formulation 100 % bio est l’apport des acides aminés indispensables aux volailles. “Pour être sûr qu’elles en bénéficient, nous donnons beaucoup de protéines, actuellement, ce sont des pois ou du soja bio.”

Lionel Verger, chef de marché pondeuse pour le pôle animal dans le groupe Axéréal, nous a transmis les formulations des aliments fournis aux éleveurs du GIE Volailles du Centre.

L’ensemble de la production est vendu directement, soit auprès des consommateurs (Amap), soit auprès de magasins spécialisés bio ou encore de restaurants collectifs par l’intermédiaire du GIE. La marge brute au kilo se situe aux environs de 1€.

 

2 questions à Bruno Rabier

1- Pourquoi ne fabriquez-vous pas l’aliment ?

Je n’ai pas vraiment le choix ! Je travaille seul, je n’ai pas le matériel ni d’espace de stockage. De plus, au niveau du GIE, nous voulions qu’il y ait une constance du goût des volailles, pour fournir toujours le même produit quel que soit l’élevage ; il était donc indispensable que nos volailles soient toutes nourries de la même façon. Enfin, comme nous avons réussi à obtenir un aliment 100 % bio, en cohérence avec nos convictions, nous sommes satisfaits.

2-Vous ne redoutez pas l’échéance de 2015 ?

La grande incertitude concerne le prix des matières premières. En 5 ans, le prix de l’aliment a augmenté de 10 à 15 %. En 2012 et 2013, le prix des céréales s’est envolé. C’est pourquoi, le prix de revient augmente, et si l’on répercute ces hausses, les ventes vont chuter. À l’heure actuelle, mes collègues et moi commençons à réfléchir à l’opportunité de produire l’aliment nous-mêmes. Nous sommes hélas trop loin les uns des autres pour envisager une installation commune. Il faudrait que chacun investisse dans le matériel de fabrication, à moins de recourir à un prestataire, qui vient dans les fermes avec son camion et fabrique selon les formulations qu’on lui communique. La fabrication à la ferme réduirait nos charges, mais augmenterait le temps de travail. De plus, investir dans le matériel nous obligera à augmenter la taille de l’élevage, ce qui nous conduirait à reproduire le schéma conventionnel d’élevage intensif. Une option pas du tout satisfaisante.

Annie Rigault

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