Agroforesterie et aviculture : Un tandem réussi

Stéphane LAVIGNE a planté ses premiers arbres agroforestiers en 2008.

Perçu comme un legs à destination des générations futures, les arbres sur une ferme nécessitent un suivi et un savoir-faire.

Mais ils rendent, au quotidien, d’innombrables services en élevage autant sur les plans de l’alimentation que du bien-être. Des aviculteurs témoignent.

Stéphane Lavigne produit des céréales et élève des poules pondeuses à Marsac-sur-Don en Loire-Atlantique. En bio depuis 1993, il a commencé à planter des haies en 2004 puis s’est engagé dans l’agroforesterie sur 3 ha en 2008. Aujourd’hui, sur ses 40 ha, 14 sont en agroforesterie – pour la plupart des parcours autour des bâtiments. Avec l’aide de Jean- Charles Vicet, conseiller bocage et paysage des chambres d’agriculture des Pays-de-la-Loire (1), il a retenu quatre espèces de bois nobles, à forte valeur économique, du frêne, du merisier, du chêne chevelu et de l’alisier. “Au niveau agronomique, l’agroforesterie présente beaucoup d’avantages, explique Stéphane Lavigne. Les arbres maintiennent la fertilité des sols, réduisent les risques d’érosion et, grâce à leur enracinement profond, garantissent un meilleur approvisionnement en eau et en nutriment aux cultures. Ils offrent aussi un abri et une nourriture supplémentaire aux poules ainsi qu’un refuge de plus à la faune sauvage car, même en région bocagère, les haies sont parfois éloignées du centre de la parcelle. Enfi n, mes arbres c’est un peu mon capital retraite !”

27 m entre les lignes

Les lignes d’arbres, espacées de 27 m, ont été plantées perpendiculairement aux bâtiments, ceci afin d’inciter les poules à s’en éloigner et à occuper tout le parcours au lieu de rester concentrées sur une surface réduite. Dans les tournières, la même largeur a été laissée sans arbres pour les manoeuvres. Les quatre espèces ont été plantées en alternance tous les 5 m tandis que de petits buissons (charme, cornouiller et troene des bois) prenaient corps entre les arbres pour offrir un nouvel abri aux poules. “Les premières années, l’entretien vise d’abord à éliminer les fourches afi n de permettre aux arbres de pousser droit et de faire des fûts d’au moins5 mètres de hauteur si possible. Il faut aussi remettre en place les protections abîmées ou déplacées par les chevreuils et renouveler le paillage autour des arbres. Pour ma part, j’ai choisi d’utiliser de la paille dans les parcours et des cosses de sarrasin dans les parcelles de culture”. Au total, Stéphane Lavigne estime le temps d’entretien à environ un jour par an et par ha sur la durée de vie d’un arbre. “Il faut voir l’agroforesterie comme un projet de vie à partager avec la famille, les enfants et même le repreneur”, conclut le producteur.

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Retrouvez l’intégralité de l’article dans Biofil n°75

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