Transmission : états des lieux et craintes

Marie-Odile et Jean-Marie Gaigeot à Martigné-Ferchaud (35) prépare leur départ en retraite depuis deux ans. (crédit : O. Girma)

Rares sont les enquêtes sur le sujet. Celle réalisée par la Frab Bretagne en 2018 est révélatrice. D’autant plus que 40 % des producteurs bio bretons ont entre 50 et 59 ans. Et que les trois quarts d’entre eux sont sans repreneurs au moment de l’enquête. Parmi les agriculteurs à la retraite dans trois ans, deux tiers n’ont toujours pas trouvé de successeur. D’ici cinq ans, 24 % des fermes laitières bio seront à transmettre, soit 700 structures.

Manque de temps
Selon l’enquête, la moitié des bio bretons à la retraite d’ici trois ans n’ont pas entamé leur démarche. Les raisons invoquées : le manque de temps ou le sentiment d’être encore loin de l’échéance. Parmi les motivations poussant les bio à œuvrer pour la transmission de leur ferme, pérenniser l’agriculture bio est la première citée, suivie du maintien de la ferme et l’installation d’un nouvel agriculteur. Les deux tiers des démarches se font auprès des chambres d’agriculture, le reste dans les réseaux, Fnab, Civam, Fadear.

Préoccupations des cédants
Trouver un repreneur motivé. L’expérience est privilégiée. Transmettre à un jeune non issu du milieu agricole n’est pas un problème. Les difficultés de financement du repreneur peuvent inquiéter.
Sauvegarder le foncier et la qualité agronomique des terres.
Évaluer la viabilité de son outil de production : un manque de confiance dans la « reprenabilité » de la ferme est évoqué par presque un quart des agriculteurs bio bretons.
Quel devenir pour la maison d’habitation ? (les 2/3 vivent sur leur lieu de travail). Un quart envisage de la conserver, quitte à partager une proximité avec le repreneur.

C. R.-F.

À lire : FN Civam et Inter-AFOCG, La transmission des fermes – Outils et méthodes pour une transmission réussie, 2016. Frab Bretagne, Itinéraire de transmission, 2014.

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