Conversion : “Tout est à repenser”

DOSSIER Conversions : témoignage  d’un éleveur de porcs et bovins laitiers dans la Manche.

Aurélien Fousse : “J’ai enchaîné des formations, un passage obligé, et j’ai remis tout mon système à plat”. (crédit : A. Fousse)

Jeune installé il y a quatre ans sur l’exploitation familiale, Aurélien Fousse entame la conversion du Gaec à l’agriculture bio. Du lait au porc en intégrant les 195 hectares de cultures, il y a tout à repenser.

Il a consacré l’année 2016 à préparer sa conversion. Re-questionner les pratiques culturales, le pâturage, l’élevage de génisses…  “ J’ai enchaîné des formations proposées par Agrobio, de 2-3 jours chacune », indique Aurélien Fousse. Un passage obligé : « se convertir à la bio, c’est remettre tout son système à plat. Je ressortais des journées de formation chaque fois plus déboussolé qu’avant”. Le 1er mai 2017, le jeune éleveur engage la conversion non simultanée de son atelier lait composé d’une centaine de vaches laitières.

Sa principale motivation n’est plus économique mais éthique. “Tout est plus logique. En quelques mois, les progrès sont déjà visibles. Je vois mes voisins à court d’herbe tandis que mes paddocks sont encore verts”, s’étonne l’éleveur. Quant à la production porcine, c’est avec la coopérative Unébio qu’il entreprend les démarches. “J’espère engager l’élevage d’ici la fin de l’année lorsque les bâtiments seront prêts.” Si l’atelier porc exige de lourds travaux d’aménagements, pas question pour Aurélien Fousse de l’abandonner. “Parce que le porc est ce que je préfère, assure-t-il, que je n’aurais pas su quoi faire du bâtiment d’élevage, encore récent de 1998, poursuit-il, et qu’il y a un véritable marché du porc bio avec un potentiel énorme.”

Jean-Martial Poupeau 

Inscrivez-vous à la newsletter
gratuite de BIOFIL.