Vinification bio : bientôt un cahier des charges européen ?

La Commission européenne a présenté un nouveau texte pour le cahier des charges européen sur la vinifi cation bio au Scof (Commission permanente de l’agriculture biologique), qui s’est réuni fin septembre. Point d’étape avec Yves Dietrich, vigneron alsacien, qui préside le groupe de convergence français (1) sur le sujet.

En quoi le texte présenté aujourd’hui par la Commission diffère-t-il de celui qui avait été abandonné en juin 2010 ?

Dans le texte, trois zones géographiques A, B et C ont été défi nies, à l’intérieur desquelles la réglementation sur les niveaux de SO2 autorisés serait différente. La France se retrouverait divisée en deux zones, ainsi que la Slovénie et la Roumanie. De fait, dans ces trois pays, deux réglementations seraient appliquées. Nous ne le voulons pas. Pour argumenter, nous avons fait une proposition alternative simple : lier les niveaux de SO2 à la sucrosité ; pour les vins qui ont moins de 2 g/l de sucre résiduel, nous proposons de réduire de 50 mg/l les niveaux de SO2 autorisés (par rapport à la réglementation européenne générale). Et pour les autres vins, de 30 mg/l. Ifoam Europe complète cette proposition en suggérant une réduction de 30 mg/l pour les vins d’élevage de plus de 2 ans (et avec un taux de sucre résiduel inférieur à 5 mg/l).

Quelle sont pour vous les priorités ?

La première priorité est d’avoir un texte. Nous en avons besoin très vite, au maximum pour les vendanges 2012. La deuxième priorité est de ne pas avoir de zonages. Pour cela, nous cherchons des alliés et nous espérons voir notre proposition alternative acceptée. La troisième priorité porte sur les intrants : comme nous l’avons toujours dit, nous demandons que le sulfate d’ammonium et le bisulfi te d’ammonium soient autorisés, et que l’acide métatartrique soit interdit. Après, je ne sais pas comment cela va se passer, mais il faut une base fi xée, sur laquelle on pourra toujours travailler, par exemple si de nouveaux produits font leur entrée sur la liste européenne.

Quel est le calendrier ?

D’ici la prochaine réunion du Scof, à la fin du mois d’octobre, les discussions en cours permettront certainement de bien avancer. Mais la Commission vient d’indiquer que si les États membres vont dans le sens de la proposition alternative sur la sucrosité, amenée par Ifoam Europe, elle souhaite repasser par un processus de consultation. Ce qui repousserait un peu le vote (2). Mais je continue à penser que ce dernier peut avoir lieu dans les 3 prochains mois.

Propos recueillis par Myriam Goulette
(1) Les Vignerons indépendants de France et la Confédération des coopératives vinicoles de France en font désormais partie.
(2) trois représentants français y participent : une de la DGCCRF, une du ministère et une du comité bio de l’Inao. Ils y défendent la position adoptée par le groupe de convergence français.

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