Transformation à la ferme : un pressoir nomade dans le Grand Ouest

Concept innovant, la Pressi-Mobile s’installe dans les vergers pour transformer en direct les fruits en jus. Avec ses 1200 litres par heure et un procédé certifié bio, c’est un outil de diversification au service des agriculteurs.

La Pressi-Mobile de la société Evalys.

La Pressi-Mobile de la société Evalys.

Destinée aux professionnels comme aux particuliers, la Pressi-Mobile a été lancée par la société Evalys Agro à Carhaix, dans le Finistère. En 2013, elle a  accueilli 900 clients et pressé 150 000 litres de jus. Pour les producteurs qui font déjà fabriquer  leur jus à façon, l’idéeest d’éviter les déplacements. C’est pour répondre à leurs besoins qu’Olivier Cler, féru de machinisme, a imaginé un pressoir nomade de grande capacité, qui vise aussi les particuliers. La Pressi-Mobile transforme 1,5 tonne de fruits par heure, soit une cadence de 1200 litres de jus par heure – et bientôt 4000 bouteilles par heure grâce à une nouvelle remorque en cours de conception. « Surdimensionné », c’est ainsi que le qualifie son associé Lionel Péron qui explique l’enjeu : « la denrée rare, chez un professionnel, c’est le temps. Si on est capable de réaliser la prestation très vite, c’est autant de temps libéré pour vaquer aux cultures ou à la commercialisation ». Le gain de temps se vérifie avant même que ne tourne la machine : la Pressi-Mobile s’installe directement dans les vergers : plus besoin de transporter les fruits. L’engin est autonome en énergie, il ne lui faut que de l’eau pour fonctionner.

Le process

La Pressi-Mobile transforme 1,5 tonne de fruits par heure, soit une cadence de 1200 litres de jus par heure.

La Pressi-Mobile transforme 1,5 tonne de fruits par heure, soit une cadence de 1200 litres de jus par heure.

La remorque lave les fruits, les broie, presse la pulpe, filtre le jus, le pasteurise et le conditionne. Aucun ajout de sucre ni d’enzyme, pas de microfiltration, ni de clarification. Le liquide obtenu est légèrement trouble. La pasteurisation s’effectue à 80 °C par échange thermique. Le jus est conservé en Bag-in-Box®, en poches souples Pouch-up® (format trois litres), ce qui permet de le garder deux ans et jusqu’à 8 semaines après ouverture. La bouteille est également proposée aux professionnels (2500 bouteilles/h).

Parmi les arboriculteurs, une quinzaine certifiée bio a déjà accueilli cet outil qui respecte les règles de transformation bio ; ils peuvent donc vendre leur jus sous label bio. Un étiquetage à l’effigie de la ferme, du domaine, est même possible.

Un concept qui se déplace

Olivier Cler, le créateur de la Pressi-Mobile.

Olivier Cler, le créateur de la Pressi-Mobile.

Ce concept inédit de pressoir nomade a remporté, le 15 avril 2014, à Rennes, le prix Création et jeunes entreprises, décerné par Crisalide Eco-activité, qui récompense chaque année les entreprises éco-responsables les plus innovantes et prometteuses du Grand Ouest. Forte de son succès, l’entreprise a fait germer des projets similaires. « On savait qu’on serait copié, affirme Lionel Péron. Aussi, au lieu de se cantonner à la vente de remorques, nous avons décidé d’accompagner la création de projets semblables dans d’autres régions. » Des appels venant d’Alsace, du Sud de la France et du Nord sont parvenus jusqu’à Carhaix, à tel point que la petite entreprise a créé un espace Partenaire (Devenir Affilié) sur son site internet. Pour l’heure, la remorque continue son Tro Breizh, allant à la rencontre des particuliers jusqu’en décembre. Quant aux professionnels, ils peuvent réserver ses services dès lors qu’ils disposent de cinq tonnes de fruits à transformer. Le prix de la prestation, concurrentiel, dépend des quantités comme du conditionnement choisi.

Gaëlle Poyade

www.pressi-mobile.fr

 

 

 

 

Inscrivez-vous à la newsletter
gratuite de BIOFIL.