Meilleurs vœux 2026 pour une filière bio sur le qui-vive !

Le 06/01/2026 à 10:15 par La rédaction

 [Édito du Biofil n°163 – Janvier - Février 2026]

Après un cru 2025 éprouvant mais parsemé de clignotants au vert, 2026 est attendu comme celui de l’embellie et de la reprise bio jusque dans les fermes. Si rien n’est jamais acquis – et les trois dernières années l’ont hélas prouvé –, l’urgence à renforcer la transition agroécologique reste une certitude. Qui peut aujourd’hui – sauf d’être dans le déni et complément inconscient – en nier l’évidence, face aux désastres pour la santé environnementale, animale et humaine provoqués par les eaux et les sols contaminés, l’air pollué, l’élevage intensif et le réchauffement climatique.
Malgré les discours radicalisés et décomplexés anti-bio, le greenwashing, les rétropédalages sur les règles environnementales, sous couvert de simplification – qui ne doit pas être synonyme de laisser-faire –, l’alternative en oeuvre depuis 40 ans, date de la reconnaissance française de la bio, le prouve : les solutions et les innovations apportées par la vision progressiste d’une agriculture et alimentation sans OGM ni pesticides et engrais chimiques de synthèse, sont devenues incontournables. Difficile à digérer pour les lobbies agricoles conventionnels, vent debout pour foncer dans le mur.
Les détracteurs de la bio profitent d’une filière fragilisée pour la mettre à terre… Malgré un certain découragement des productrices et producteurs, le secteur, sur le qui-vive, tient bon. Les innombrables progrès effectués ces vingt dernières années – relayés au maximum par notre revue Biofil – sur les itinéraires techniques, semences, matériels, intrants, la structuration, la transformation, la distribution et la réglementation – son pilier –, ont renforcé ses performances. Des marges de progrès demeurent, et beaucoup – l’Inrae, l’Itab, les autres instituts techniques, ainsi que les agriculteurs et agricultrices dans leurs champs – y travaillent, en reconfigurant les systèmes. Pas facile, mais possible.
Après les alertes de début 2025, la perspicacité des acteurs de la bio allume des lumières d’espoir : le crédit d’impôt relevé sur trois ans à 6 000 euros par an est un ballon d’oxygène attendu dans les fermes. Signe positif également : la hausse de l’écorégime à 110 €/ha sur les deux années de la fin de l’actuelle Pac, satisfaction en demi-teinte, car en deçà des demandes de la Fnab (1). Parmi les autres signaux positifs : l’impact de C’est Bio la France, la campagne de communication portée par l’Agence Bio et déclinée partout Un succès qui dope la consommation en magasins spécialisés, vente directe, et aussi en GMS et en restauration collective. Et que l’État décide de soutenir à nouveau en 2026.
En 25 ans, avec des hauts et des bas, la bio est passée de 9 000 à près de 62 000 fermes, de 1,3 % à 10 % de la SAU française avec 2,7 millions d’hectares en 2024. Sa part de marché, partie de très peu, atteint presque 6 %, soit 12 Mds€. Cela compte. Alors malgré les vents contraires, cette progression va dans le sens de l’histoire à condition que la société tout entière – pouvoirs publics et consommateurs – décide de rémunérer équitablement tous ces services rendus par la bio à la collectivité. Indispensable pour réussir les transmissions aux jeunes qui la plébiscitent. Là est le combat de 2026, et des années à venir.

Pour ma part, je resterai mobilisée, mais concernant Biofil, je passe le relais à ma collègue aguerrie Frédérique Rose, en lui souhaitant, ainsi qu’à toute l’équipe de la revue, aux fidèles soutiens, et aux lectrices et lecteurs, mes meilleurs vœux pour l’avenir de la bio.

 

Christine Rivry

(1) L’échec de la commission mixte paritaire fin décembre risque hélas de le remettre en cause.