Des livres à offrir ou à s’offrir

Un cadeau qui se savoure d’un seul trait ou par gorgées, qui peut durer longtemps, s’étirer,  se partager, qui inspire, étonne, convainc, fait douter, conforte, réconforte… et contribue à promouvoir l’agriculture biologique. Voici un choix de livres à offrir en cette fin d’année…  

 L’avenir à la biodiversité cultivéecouverture-13

L’association de solidarité internationale Bede fondée en 1994 œuvre inlassablement à protéger et  à promouvoir les agricultures paysannes. En lien avec une cinquantaine d’autres associations, elle soutient des initiatives respectueuses du vivant, par un travail d’informations et de mise en réseau. Au cœur des enjeux liés aux semences, aux droits de propriétés, à l’innovation, au génie génétique et à la transition agroécologique, elle organise des rencontres entre paysans, chercheurs et société civile dans les pays d’Europe, du Maghreb et d’Afrique de l’ouest.

Son coordinateur, Robert Ali Brac de la Perrière, est  l’auteur de cet ouvrage. Riche d’un recul de 30 ans sur la disparition de la biodiversité, l’invasion des semences modernes et la monoculture, il se réjouit de la prise de conscience internationale actuelle en faveur des semences paysannes. Pour lui, l’initiative de la chambre forte de Svalbard en Norvège est hautement symbolique  : en sauvegardant des échantillons de toutes les semences déjà conservées dans des collections ex situ des autres banques de semences ailleurs dans le monde, cette cave ultra protégée cristallise les craintes actuelles de perdre toutes ces richesses, indispensable à la survie de l’humanité.  Selon Robert Ali Brac de la Perrière, cette stratégie est un leurre. Il décrit d’étau des réglementations, banques et catalogues de semences, droits de propriété, brevets : « un système épurateur ». Il démontre que c’est la préservation in situ qui restera la plus fiable, basée sur la dimension humaine. Un plaidoyer très documenté et étayé pour une nouvelle approche mondiale des semences locales.

Semences paysannes, plantes de demain, Robert Ali Brac de la Perrière, Editons Charles Léopold Mayer, 226 p., 20 €.

 

Quels assolements et rotations ?biblio Joseph Pousset

L’auteur, Joseph Pousset, agriculteur bio dans l’Orne mais aussi conseiller indépendant, conférencier et écrivain, montre comment les choix en matière d’assolements et de rotations sont des leviers importants. De ces choix dépendent la fertilité des sols et des rendements satisfaisants, dans une optique d’agriculture durable, ayant le moins possible recours à des intrants coûteux et polluants. S’appuyant sur ses nombreuses observations de terrain et sur des connaissances anciennes revisitées, l’auteur présente les principes de base pour construire des successions culturales judicieuses en grandes cultures sans élevage, polyculture-élevage et en maraîchage et jardinage.

Assolements et rotations, Choisir, répartir, ordonner et associer les cultures, Joseph Pousset, Editions France Agricole, 360 p, 49 €.

 

Les leçons de la ferme du Bec Hellouin Biblio

En 2004, Perrine et Charles Hervé-Gruyer –tous deux non issus du monde agricole « naïfs et inexpérimentés », comme ils se qualifient eux-mêmes – créent la ferme du Bec Hellouin, en Haute-Normandie. Cette ferme prend rapidement une trajectoire étonnante, à tel point qu’elle fait aujourd’hui référence en matière d’agriculture naturelle et attire des visiteurs du monde entier. « La permaculture pourrait être décrite comme une boîte à outils intelligente permettant de créer des modes de vie respectueux de la Terre comme de ses habitants, une méthode pratique qui s’inspire du fonctionnement de la nature », expliquent les deux protagonistes, en introduction à leur livre. « Nous avons laborieusement transformé un médiocre herbage en paysage comestible ». Et de décrire au fil des pages ce processus qui a fait de leur ferme une mosaïque de petits écosystèmes qui s’interpénètrent : mares, îles, vergers, forêts-jardins, cultures sur buttes, pâturages….Les arbres fruitiers sont omniprésents, les animaux et les plantes sauvages ont l’air de se sentir chez eux. « L’impression dominante est celle d’une surabondante générosité, décrivent-ils. Il est d’usage dans le monde agricole d’opposer respect de l’environnement et productivité- comme si la nature n’était pas productive ! Ce clivage  peut être dépassé : les rendements de nos jardins surprennent les agronomes, tandis que les naturalistes sont interpellés par le nombre d’animaux sauvages vivant dans cet espace intensément cultivé. » Ils disent n’avoir rien inventé, mais butiné à des sources très diverses, sans idées préconçues mais à l’opposé du système dominant qui artificialise la nature. Un programme de recherche agronomique est en cours sur la ferme du Bec Hellouin. Le défi : confirmer l’hypothèse que 1000 m2 conduits en permaculture peut créer une activité à temps plein.

Permaculture, guérir la terre, nourrir les hommes, Perrine et Charles Hervé-Gruyer, Actes Sud,252 p.19,50 €.

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L’agriculture, l’homme et la culture

Écrit à deux voix, ce livre se veut une promenade, une invitation à poser un pied à terre. Il tente un portrait sensible de l’agriculture, parée de ses reflets, ceux d’un art singulier qui lie la nature, l’homme, l’outil, l’histoire et l’hors-du-temps, qui conjugue les quatre éléments dans leur permanence. Il livre ses miracles et ses désespoirs, ses cycles, son langage, sa rupture, sa profonde unité. « Dans son premier éveil, l’homme s’est trouvé agriculteur ; dans sa fécondité, il reste suspendu au ressac de métier de naissance, à ses respirations et à ses blessures. Il est un part de la terre. »

La part de la terre, l’agriculture comme art, Louise Browaeys et Henri de Pazzis, Delachaux et Niestlé, 224 p., 19 €.

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Bretagne, terre d’écologie

Terre et mer, la Bretagne est sensible à la nature et s’en nourrit depuis son origine. Dans Histoire de l’écologie en Bretagne, Tudi Kernalegenn retrace l’épopée de cette conscience environnementale toujours en prise avec les assauts infligés à cette nature. Les combats tels que Plogoff contre l’implantation d’une centrale nucléaire ou Notre-Dame-des-Landes, contre la destruction de zones humides, ont participé à l’émergence d’ une agriculture biologique à la Bretonne. Voir notre article sur ce livre.

Histoire de l’écologie en Bretagne, Tudi Kernalegenn, Editions Goater, 184 p., 14 €.
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Le vin et la biodynamie

  • Dans Le Vin, la vigne et la biodynamie, Nicolas Joly,propriétaire du Domaine de la Coulée de Serrant, aborde toutes les formes de la biodynamie : comprendre les formes et leurs correspondances, utiliser les forces du vivant et l’influence des planètes, suivre le rythme de la nature, etc.

Pour mieux saisir l’enjeu et les principes de la biodynamie, méthode de culture à l’écoute de la nature, Nicolas Joly commence par retracer l’histoire des dégâts de l’agriculture moderne sur les vignes. Dans ce contexte d’industrialisation des procédés et des techniques agricoles, la biodynamie est avant tout un retour à une vinification naturelle, à un respect de la vigne et de l’environnement, pour atteindre une meilleure expression du terroir.

  • 35-questions-biodyn180A l’usage des amateurs de vin, Antoine Lepetit de la Bigne, polytechnicien reconverti dans la viticulture, publie 35 questions sur la biodynamieAlors que le monde du vin ne cesse d’entendre parler de la biodynamie, la confusion continue de régner autour de cette pratique connue pour suivre les influences de la lune et des planètes. Pourtant, cette agriculture au plus proche de la nature vise avant tout à intensifier les échanges entre la plante et son environnement pour améliorer la qualité du raisin, et donc du vin.

L’auteur, lui-même viticulteur en biodynamie, fait la part des choses entre le vrai et le faux. À travers 35 questions toujours bien choisies, il propose un tour d’horizon à la fois scientifique et passionné de cette méthode de culture qui ravira les amateurs de vin comme les néophytes curieux.

► Quelle est la différence entre biologique et biodynamique ?
► La biodynamie est-elle scientifique ?
► Les vins biodynamiques sont-ils meilleurs que les autres ?

Le Vin, la vigne et la biodynamie, Nicolas Joly, Sang de la Terre, 224 p., 16 €.
35 questions sur la biodynamie, à l’usage des amateurs de vin, Antoine Lepetit de la Bigne, Sang de la Terre, 142 p., 18 €

reinventonsjacquard-180Le dernier livre d’Albert Jacquard

Avec l’aide d’Hélène Amblard, sa complice depuis plus de trente ans, Albert Jacquard nous offre, dans ce petit ouvrage Réinventons l’humanité, un cri d’alarme sur l’avenir de l’homme. Entre pudeur et émotion, ce texte passe de l’évocation de lieux qui lui sont chers à un discours plus général, de l’histoire à l’Histoire, de la culture scientifique à la pensée humaniste… Un an après la disparition d’Albert Jacquard, ce dernier témoignage résonne comme un ultime appel à réinventer l’humanité, indissociable du sens du partage et de la solidarité, pour enfin jouir du bonheur de vivre ensemble.

Toute étoile, toute planète, toute forme d’existence est appelée à disparaître. Nous ne cherchons pas l’éternité, mais le plein épanouissement de notre humanité. Au mépris des cultures dites primitives ignorant l’appropriation et la compétition, nous avons mis en place un système culturel, économique, financier conduisant à la négation d’une grande part des potentialités humaines. Cette étroitesse d’esprit risque d’amputer l’avenir commun de son pouvoir d’imagination, de transformation, de liberté…

Réinventons l’humanité, Albert Jacquard, Hélène Amblard, Sang de la Terre, Potsface de Serge Latouche, 160 p., 16 €.

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