Bretagne et restauration collective : les acteurs autour de la table

En Finistère, la demande en produits bio pour alimenter les restaurants collectifs est en très forte augmentation. En 2008, près de 2 millions de repas ont été servis avec des ingrédients bio et une soixantaine d’établissements en introduit régulièrement dans ses menus.

“Officialiser” la coopération

Afin de gérer et d’encourager cette croissance, les professionnels locaux de la filière fruits et légumes ont décidé de s’organiser en signant une convention de coopération pour les approvisionnements de la restauration collective. L’association des producteurs de fruits et légumes biologiques de Bretagne (APFLBB), les grossistes et expéditeurs Poder et Le Saint et la Maison de l’agriculture biologique du Finistère ont ainsi “officialisé”, en avril dernier, des relations nouées depuis longtemps. Les buts sont multiples. Il s’agit, bien sûr, en planifiant encore mieux les besoins et en favorisant l’introduction de produits bio locaux et de saison dans les cantines scolaires, d’augmenter les surfaces agricoles dédiées au bio dans le département. L’APFLBB a bien montré son intention de privilégier cette voie-là. Pour les nouvelles fi lières, pas au détriment de celles déjà existantes. “Avant, 70 % de la production de notre département partait à l’export (Allemagne, Suisse) ; aujourd’hui, c’est plutôt l’inverse”, témoigne Florence Busson, de la Maison de la bio.

Offrir des produits locaux… ou des explications

Du côté des collectivités, cette convention garantit un raccourcissement des circuits d’approvisionnements, basés sur une filière légumes bio de proximité. Quand c’est possible. Cette convention a aussi pour objectif de rapprocher les acteurs et d’expliquer pourquoi certains approvisionnements sont plus lointains, en raison, par exemple, des aléas climatiques, ou des délais de conservation trop longs.

Enfin, “cela se traduit par des prix de campagne, fixés par les producteurs. A priori, le prix de la carotte, qu’elle soit sortie en septembre ou en mars, ne variera pas”, explique Florence Busson. Pour démarrer, 1 hectare de carotte est cadré par cette convention. À terme, tous les légumes bio fi nistériens destinés à la restauration collective le seront. Le but est d’assurer d’octobre à mars-avril l’achalandage en carotte, pomme de terre, salade, betterave, oignon, poireau et céleri, sachant que juillet-août est une période creuse en restauration collective.


Gaëlle Poyade

Biofil N°65– Juillet/août

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