Rhône-Alpes : encourager les élus vers la bio

Françoise Reiller (à droite), présidente de Corabio, au côté de Didier Thevenet, responsable de la cuisine centrale de Lons-le-Saunier.

“Vos expériences seront autant de démonstrations et d’arguments clefs pour orienter les politiques agricoles : elles pèseront bien plus que tous les décrets du monde !”

C’est en ces termes volontaristes que Françoise Reiller, agricultrice à Herbeys (Isère), et présidente de Corabio, ouvre le colloque – premier du genre – organisé par son association le 22 septembre à Bourg-de-Péage, dans la Drôme. 150 participants y ont suivi différentes interventions sur le thème “Les collectivités territoriales, actrices du développement de l’agriculture biologique”. L’objectif était de sensibiliser les élus aux avantages à soutenir l’agriculture bio et aux différents moyens à leur disposition pour y parvenir. “L’agriculture biologique est une réponse adaptée à vos territoires, insiste Françoise Reiller. Elle permet de soutenir des filières d’agriculture à forte main- d’oeuvre et à plus value environnementale importante, et de proposer une alimentation sécurisée, sans pesticides et à forte côte de popularité parmi la population.” Trois tables rondes ont illustré les champs d’action où les collectivités peuvent intervenir : la protection de l’environnement et la maîtrise du foncier, le soutien aux producteurs bio et à la vente directe, la promotion des produits bio en restauration collective.

Soutenir la vente directe

Les communes peuvent agir en créant des marchés bio ou en favorisant l’installation de points de vente directe. Les circuits courts sont déjà très implantés en bio : si c’est un choix gagnant pour le producteur comme pour le consommateur (fraîcheur, traçabilité, prix…), les collectivités y ont aussi un intérêt évident pour le dynamisme économique local, l’emploi et le lien social. Jérôme Noyer et Olivier Schlosser, maraîchers bio, témoignent de leur participation au point de vente collectif bio “Au plus pré” à la Laupie (Drôme), village de quelques centaines d’âmes (lire p.49). Grâce à un bon accueil et un loyer très modéré, la municipalité y a favorisé l’ouverture du magasin, il y a 4 ans. Un exemple à imiter.

Caroline Van der Heijde, chef du service restauration collective, de la ville de Saint-Étienne

Manger bio à la cantine

Malgré le réel enthousiasme de certains acteurs de la restauration collective pour organiser des repas bio, beaucoup ne savent pas comment procéder et où trouver des produits. La dernière table ronde a proposé des informations pratiques et des témoignages encourageants. Florence Dodet, chargée de mission à Corabio, donne quelques clés de réussite afin d’introduire des produits bio : “Établir un projet global et un travail d’équipe, prendre connaissance de la filière bio locale, modifier ses pratiques d’achat et de cuisine et surtout, faire le choix d’une progressivité et d’une régularité !” Une recette confirmée par les témoignages des villes présentes. À Lons-le-Saunier, non seulement 20 % des 5 000 repas préparés chaque jour sont déjà bio mais la ville est allée beaucoup plus loin en s’investissant très en amont dans l’organisation de la filière, que ce soit pour le pain, les légumes ou la viande. Selon le responsable de la cuisine centrale, Didier Thévenet, il est essentiel “d’introduire des produits issus de filières courtes et de renouer le lien humain entre le producteur et le consommateur”. Et d’ajouter, convaincu, “notre action en faveur de l’agriculture biologique peut stimuler une politique de développement local”. Tout ce que les élus présents avaient envie ou besoin d’entendre.

Pierre Fontain

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Agir sur la terre

Alors que, chaque année, les rapports sur la qualité de l’eau confirment des niveaux de pollution élevés en nitrates et en pesticides, le soutien à l’agriculture bio peut s’avérer payant pour la qualité de l’environnement. L’exemple de Munich en Allemagne est devenu emblématique du cercle vertueux que peut initier une ville. Certes, les collectivités ne peuvent pas tout. Face à l’urbanisation croissante se pose le problème du foncier. Cependant, “la bio donne l’opportunité aux collectivités de jouer leur rôle, légitime, dans le développement agricole”, affirme Jean-David Abel, vice-président de la Communauté de communes du Pays de Romans

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