Bretagne : Aider les paysans japonais sinistrés

Hiroko Amemiya, chercheuse japonaise à l’université de Rennes (1), spécialisée sur le sujet des liens entre consommateurs et producteurs, a un projet d’accueil, au sein d’une ferme d’échanges, de paysans japonais victimes du drame de Fukushima.

Deux d’entre eux, Toshihide Kameda et Shinpei Murakami, sont venus témoigner à Rennes. Le nuage radioactif les a contraints à quitter leurs fermes. En effet, une zone de 30 kilomètres autour de la centrale n’est plus cultivable et les productions jusqu’à 100 kilomètres aux alentours ne sont plus distribuées. Shinpei, qui pratiquait une “méthode d’agriculture naturelle, voulait créer un éco-village. “Pour se reconstruire et tisser de nouveaux liens, ces paysans sont prêts à travailler dans des fermes en France, le temps d’avoir de nouvelles perspectives”, rapporte Tifenn Leclercq, de l’ONG Pekea, le groupement de chercheurs qui organisait la rencontre. Les réseaux bio ont été contactés, comme Agrobio 35. “Ce serait un échange solidaire et culturel très fort et aussi fructueux techniquement, car les paysans japonais sont très au point en maraîchage ; ils ont aussi un sens de l’économie différent, basé sur le partage”, précise Yann Jaffré, coordinateur du groupement. En Ille-et-Vilaine, des fermes bio seraient prêtes à accueillir des paysans, mais aussi ailleurs en Bretagne et en région lyonnaise. Plusieurs organisations soutiennent le projet, comme Agro Sans Frontière ou la Fondation de France.

Frédéric Ripoche

www.pekea-fr.org

(1) Auteur notamment de l’ouvrage Du Teikei aux Amap (Éditions Presses Universitaires de Rennes). Elle a créé “Les paniers Hiroko” avec des producteurs bio.

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