Pas de répit pour la bio

[Édito du Biofil 131 – septembre-octobre 2020]

crédit : Frédéric Ripoche

Alors que de nombreux salons professionnels sont annulés en présentiel, reportés ou aménagés en virtuel, d’autres se maintiennent, moins grands, et en plein air, sur le terrain. Et ce sont des bouffées d’oxygène pour les filières, producteurs, conseillers et fournisseurs, toujours en quête d’échanges et de conseils technico-économiques. Pas de répit : toujours en croissance, la filière bio en a plus que jamais besoin, pour relever les challenges que la société lui confie.

Que ce soient les 20 % de bio en restauration collective en 2022 de la loi Egalim, les 25 % de surfaces bio du plan européen à l’horizon 2030, les ambitions bio sont fortes, et les marges de progression importantes. La bio s’envole, mais toujours en deçà des objectifs. Le plan de relance de l’agriculture française, divulgué le 3 septembre promet 1,2 milliard d’euros dédiés à la transition agricole pour préparer l’avenir. Espérons qu’il boostera la bio.

Ses trois priorités sont liées aux leçons tirées de la crise sanitaire : renforcer la souveraineté alimentaire, accélérer la transition agroécologique pour donner accès à tous les Français à une alimentation saine, durable et locale et adapter l’agriculture et la forêt au changement climatique. Des demandes portées depuis des années par la filière bio, et reprises désormais à l’unisson. On ne peut que s’en réjouir.

Parmi les mesures annoncées (1), réclamées depuis des lustres par les bio, figure le plan protéines végétales visant à réduire les importations de soja. Et nos filières en ont besoin, comme le prouve le dossier de ce numéro Biofil sur le 100 % bio en aliments des monogastriques. Le plan de relance du ministère de l’Agriculture veut aussi amplifier la vague de conversions vers la bio. De plus, le fonds Avenir Bio va être renforcé, pour mieux structurer les filières, afin de consolider les fermes bio et améliorer le revenu des paysans.

Pour favoriser une alimentation de qualité et locale, un plan de soutien aux cantines scolaires des petites communes et la mise en place d’un Pat (projet alimentaire territorial) par département pourront aussi bénéficier à la bio. Tout comme l’opération 1 000 restaurants durables dans les petites villes de moins de 20 000 habitants. Autre exemple, l’opération Paniers fraîcheurs va être enclenchée pour soutenir les acteurs (groupements d’achat ou de coopératives de consommateurs, magasins de producteurs, associations, etc.) engagés dans l’accès à des produits locaux des plus modestes et des concitoyens isolés. Des initiatives promues déjà par les bio soucieux de la dimension solidaire de leur mission.

Enfin, la lutte contre les aléas climatiques, troisième priorité du plan, concerne aussi les bio. Les années se suivent, ne se ressemblent pas, et sont toujours plus stressantes pour les agriculteurs. Les phénomènes extrêmes, inondations et sécheresse perturbent les cycles et fragilisent les fermes. Il va falloir mettre le paquet sur la recherche pour s’adapter, et peaufiner techniques et variétés résistantes. L’agriculture bio, par sa diversité, sa capacité d’innovation et de résilience, est à privilégier pour trouver des solutions durables. L’avenir d’une planète viable pour la prochaine génération est en jeu.

Christine Rivry-Fournier

(1) Toutes ces mesures sur agriculture.gouv.fr

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