Objectif : 25 % de terres bio dans l’Union européenne en 2030

Dans son Pacte Vert pour l’Europe (Green Deal) présenté fin mai, la Commission européenne fixe l’objectif de 25 % de surfaces agricoles bio dans l’Union européenne d’ici 2030. Selon Fibl-Ifoam, seule l’Autriche est à ce niveau, la moyenne européenne s’approchant de 8 % (2018) et la France de plus de 9 % en 2019.

Cette annonce de la Commission fait partie d’une stratégie complète, « De la ferme à la table » pour un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l’environnement. « Il le faut solide, durable et résilient, explique la Commission. La crise de Covid-19 montre le besoin de renforcer encore cette nécessité. »

 

Garantir une sécurité alimentaire durable

Alors que le climat change et que la biodiversité s’appauvrit, le but est de réduire l’empreinte environnementale et carbone de l’Union européenne, tout en garantissant sa sécurité alimentaire. De plus, l’UE ambitionne « de piloter une transition mondiale vers une durabilité compétitive de la chaîne alimentaire ».

D’ici 2030, cette stratégie vise à réduire de 50 % les pesticides de synthèse et les risques associés, de 20 % les engrais chimiques, d’au moins la moitié les pertes de nutriments en azote et phosphore, et de 50 % le recours aux antibiotiques. En plus d’atteindre 25 % des terres agricoles européennes en bio, elle souhaite consacrer 10 % des surfaces en zones de haute diversité.

 

Un plan d’action pour stimuler l’offre et la demande

Pour réussir ces changements, la Commission s’appuie sur des mesures législatives, sur la Pac – Politique agricole commune en cours d’élaboration – et aussi sur un nouveau plan d’action pour l’agriculture bio. Celui-ci va soutenir des programmes écologiques, des investissements et des services de conseil. « Ce plan d’action aidera les États membres à stimuler à la fois l’offre et la demande de produits biologiques. Des campagnes de promotion et des marchés publics écologiques donneront confiance aux consommateurs. » Le but est aussi d’augmenter la part de l’aquaculture bio, faciliter l’accès au marché des semences pour les variétés traditionnelles locales et bio.

Des incitations fiscales devraient aussi favoriser la transition vers un système alimentaire durable et encourager les consommateurs à opter pour des régimes alimentaires sains. « La proposition de la Commission relative aux taux de TVA pourrait permettre aux États membres d’appliquer des taux plus ciblés, par exemple pour soutenir les fruits et légumes biologiques. »

Pour aider les consommateurs à faire des choix alimentaires éclairés, bons pour leur santé et celle de la planète, la Commission proposera aussi un étiquetage nutritionnel obligatoire harmonisé sur la face avant des emballages. Autres mesures ciblées : réduire le gaspillage, l’usage de produits liés à la déforestation, les emballages polluants… Il reste maintenant à mettre cette ambitieuse partition en musique.

 

Des moyens attendus

La recherche et l’innovation sont sollicitées, à travers notamment deux programmes, Horizon 2020 (nouvel appel à projet de 1 milliard d’euros) et Horizon Europe (10 milliards d’euros). « Des moyens seront donnés aux investissements innovants et nécessaires à la transition agricole », souligne la proposition de la Commission.

Les objectifs fixés sont ambitieux. Les groupes de défense de l’environnement s’en félicitent, même si certains les trouvent insuffisantes. Les organismes bio demandent des moyens à la hauteur, notamment via la Pac.

 

En savoir plus : Communication de la commission au parlement européen […]

 

C.R-F

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