L’équipe de France du bio : réunir un budget pour une campagne de communication

 

L’équipe de France du bio réunie au Sia pour annoncer la mise en place d’une nouvelle campagne de promotion collective autour de la bio.

Une première dans l’histoire de la bio en France : une campagne de communication collective va être lancée dans l’objectif de redynamiser le marché bio. À l’occasion du Salon de l’agriculture, tous les participants de cette initiative se sont réunis : l’Agence Bio, les interprofessions – Cniel, Interfel, Interbev, Cnpo, Synalaf, Cnipt, Intercéréales, Terres Univia – et Natexbio-Maison de la Bio, avec le soutien du ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, tous associés pour créer l’équipe de France du bio. Un budget de près de 1 million d’euros a ainsi pu être réuni dans le but de communiquer le plus efficacement possible sur la bio. Pour l’occasion, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a alloué à l’Agence Bio une dotation exceptionnelle de 400 000 euros, à laquelle s’ajoutent les budgets exceptionnels du Cniel, d’Interfel et de Natexbio-Maison de la Bio.

Cette nouvelle campagne d’information et de promotion de la bio et des exigences du label AB sera déployée lors du Printemps Bio, qui débutera cette année le 22 mai à l’occasion de la journée mondiale de la biodiversité. L’ensemble des interprofessions s’engagent à en diffuser et relayer les contenus, qui devront être en phase avec toutes les attentes. Un appel d’offres est en cours.

 

Soutenir les producteurs et donner des perspectives

« Alors même que la production agricole est au rendez-vous, le fléchissement de la demande de produits bio a mis en évidence la nécessaire mise en lumière du bio auprès des consommateurs, explique l’Agence Bio. Ce, afin de rappeler ses bénéfices environnementaux, promouvoir les spécificités de son mode de production, de certification et de contrôle, pour réaffirmer les garanties qu’il représente. » Aujourd’hui, pour soutenir les producteurs qui arrivent sur le marché au terme de deux à trois ans de conversion et donner des perspectives à ceux qui souhaitent se convertir, il est indispensable que la demande reprenne sa progression.

Rappelons que la France est le 1er pays européen en production bio, avec 2,5 millions d’hectares consacrés au bio (soit près de 10 % de la surface agricole) et 13 % des fermes engagées. Le marché du bio connaît depuis 20 ans une croissance à deux chiffres, et représente aujourd’hui plus de 13 milliards d’euros.

 

Selon le 19e baromètre, hausse de la confiance des Français pour le bio

La création de l’équipe de France du Bio s’inscrit dans une démarche dynamique de stimulation de la consommation de produits bio. Selon le 19e Baromètre de consommation et de perception des produits biologiques Agence Bio/Institut CSA, sorti courant mars, et réalisé en novembre 2021, la confiance des Français dans les produits issus de l’agriculture biologique continue à augmenter. Et ce, malgré l’émergence de promesses produits similaires au bio. De plus, le label AB reste la référence majeure du bien manger en France. L’autre tendance (sachant que l’enquête a été menée fin 2021) est que de moins en moins de consommateurs sont freinés par le prix des produits bio, notamment chez les Français à moindre pouvoir d’achat. Pourtant l’étude révèle également que près d’un Français sur deux estime ne pas avoir suffisamment d’information sur le bio. « Ce baromètre démontre qu’il est plus que jamais nécessaire de lancer une campagne d’information globale pour répondre aux besoins d’informations des Français sur les garanties et bienfaits du bio », souligne Laure Verdeau, directrice de l’Agence Bio.

 

« Ce baromètre démontre qu’il est plus que jamais nécessaire de lancer une campagne d’information sur les garanties et les (du bio », souligne Laure Verdeau. (©CRF)

Deux motivations principales : pour la santé et pour l’environnement

9 Français sur 10 consomment du bio (91 %). Malgré une légère baisse des nouveaux consommateurs (11 % en 2021 contre 15 % en 2020), cette dernière édition du Baromètre de consommation et de perception du bio souligne une hausse du nombre de Français qui consomment du bio plus régulièrement, que ce soit au moins une fois par mois (76 % vs 73 % en 2020) ou au moins une fois par semaine (52 % vs 47 %). La première motivation à la consommation de produits biologiques reste la préservation de la santé (27 %) et la préservation de l’environnement (13 %). L’étude démontre également que bio est synonyme de plaisir gustatif puisque le goût est le principal critère d’achat de produits bio (important pour 95 % des Français). Et les consommateurs sont majoritairement sensibles aux mentions portant sur la composition des produits alimentaires qu’ils achètent, notamment celles sur la naturalité de la matière première (presque toutes garanties par le label bio).

 

Le frein du prix en recul

L’étude souligne en outre que de moins en moins de Français renoncent au bio à cause du prix (-3 points). Ce recul du frein prix est particulièrement marqué chez les jeunes, que ce soit les 18-24 ans (60 % le citent en 2021 contre 83 % en 2020) ou les 25-34 ans (64 % en 2021 contre 75 % en 2020). De même, cette dernière édition révèle une baisse du frein du prix chez les Français plus modestes (74 % en 2021 contre 77 % en 2020) et inactifs (69 % en 2021 contre 73 % en 2020). Pour une large majorité d’entre eux, le bio est une filière d’avenir : outre la contribution à la préservation de l’environnement (87 %), de la biodiversité et des bienfaits pour leur santé (82 %), les Français sont également de plus en plus convaincus que l’agriculture biologique est une source d’emplois sur le territoire (76 %).

 

L’origine française toujours privilégiée…

Les Français diversifient davantage leurs sources d’approvisionnement en produits bio, privilégiant l’origine française des produits (93 %) : cette dernière édition du Baromètre souligne un recul de l’achat bio en grande surface depuis deux années consécutives (69 % en 2021 contre 74 % en 2020 et 77 % en 2019) au profit des marchés locaux (35 % en 2021 contre 26 % en 2020) et des achats effectués directement auprès des artisans (31 % contre 25 % en 2020). Le label AB demeure le référent du mieux-manger des consommateurs, qui demandent à être davantage informés sur les garanties du bio.

 

…mais besoin d’informations sur la réglementation

Si 94 % des Français déclarent connaître le label AB et lui font largement confiance (91 %), l’étude révèle que seul un Français sur deux s’estime suffisamment informé sur ce qu’il garantit et notamment sur la règlementation bio et les contrôles des produits qui en sont issus. Ce manque d’informations pourrait contribuer à obscurcir les perspectives de consommation du bio : si 12 % des Français consommateurs de bio déclarent vouloir augmenter leur consommation à l’avenir, une tendance qui s’accentue chez les consommateurs réguliers de bio (14 %), l’étude souligne une légère baisse du nombre de consommateurs quotidiens souhaitant maintenir leur niveau d’achats en produits bio (77 % en 2021 contre 80 % en 2020). Une tendance tandis que seulement 9 % souhaitent la restreindre.

Par ailleurs, l’étude révèle une forte attente pour une offre bio hors domicile, notamment pour la restauration scolaire (82 %), la restauration d’entreprise (75 %) et restauration classique (74 %). Près de 1 Français sur 8 déclare avoir entendu parler du bio au restaurant, alors que les restaurateurs ne mettent que 2 % de bio dans leurs menus, « preuve que tout reste à construire sur ce circuit de distribution pour qu’il joue pleinement son rôle de relai de croissance et de vitrine du bio en France », conclut l’Agence Bio.

 

En savoir + : agencebio.org

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