Agence Bio : nouvelle directrice et lancement d’une émission

Laure Verdeau, nouvelle directrice de l’Agence Bio. (CDE – crédit C. R-F.)

À l’Agence Bio, la nouvelle année 2021 démarre par l’entrée en fonction d’une nouvelle directrice, succédant à Florent Guhl, nommé quant à lui directeur de la Draaf d’Occitanie en juillet dernier. Depuis lundi 11 janvier, Laure Verdeau dirige donc ce groupement d’intérêt public, créé en 2001, en charge du développement, de la promotion et de la structuration de la bio française, et dont l’Observatoire recense désormais les plus de 80 000 opérateurs de la filière française. « L’Agence Bio fête ses vingt ans cette année, et mon objectif est de continuer le travail de mon prédécesseur vers un nouveau modèle alimentaire et agricole », souligne-t-elle.

 

Amplifier la transition

Spécialiste du secteur alimentaire, Laure Verdeau a accompagné depuis dix ans plus d’une centaine de pet

ites et moyennes entreprises françaises dans leur stratégie de développement, d’abord en tant que consultante indépendante, puis à partir de 2016 au sein de Bpifrance (Banque Publique d’Investissement). Son crédo a été la montée en gamme, notamment vers la labellisation en bio. Chez Bpifrance, elle a structuré l’accompagnement du secteur agroalimentaire afin de tirer parti de la transition alimentaire. Également diplômée de l’Essec et Sciences Po Paris, Laure Verdeau a démarré sa carrière chez Bain & Company, cabinet de conseil en stratégie.

« Je me réjouis de rejoindre l’Agence Bio pour amplifier la transition agricole, exprime-t-elle. L’appétit pour les produits bio étant en plein essor, il est crucial d’accompagner ce changement d’échelle avec une lisibilité accrue du bio. » Au programme de son action : agir pour augmenter la SAU bio, structurer les filières bio et la restauration collective, améliorer l’accessibilité du bio, etc. « Nous travaillons ici avec des équipes d’experts pour relever ces défis en renforçant les synergies entre les acteurs qui œuvrent à produire bio, tout en préservant l’environnement et en créant de l’emploi durable dans les territoires. Car ce secteur recrute énormément, notamment des jeunes. »

 

Appel à projets Plan de relance

À noter que l’appel à projets Plan de Relance est ouvert depuis le 13 janvier 2021 pour une clôture de la période de dépôt le 1er septembre 2022. Renforcé dans ce cadre du volet transition agricole du plan de relance gouvernemental, le fonds de structuration de l’Agence Bio est désormais doté de 13 millions d’euros par an de 2021 à 2022, contre 8 millions les années précédents. « Notre équipe d’experts va décortiquer les nombreux projets qui se montent en France, et candidats à ce fonds. Il va falloir miser sur ceux qui vont le plus contribuer à la croissance de la bio en France », souligne la nouvelle directrice.

 

Une émission à la place des Assises

Philippe Henry, président de l’Agence Bio. (CDE – crédit C. R-F.)

Rendez-vous annuel de la filière bio, les Assises n’ont pas pu avoir lieu cette année. Elles sont remplacées par une émission interactive, lancée le 19 janvier. Au programme de cette première matinale bio : Le bio pour surmonter les bouleversements environnementaux et socio-économiques ? Est-elle plus résistante aux crises ? Quels liens existent entre activités humaines, changement climatique, perte de biodiversité et risque accru de pandémie ? Les bouleversements environnementaux et socio-économiques liés à nos modes de production et de consommation sont-ils inéluctables ? Le bio peut-il être une clef du changement ? Parmi les invités, sociologue, économiste, producteur bio, chefs d’entreprise ont fait le tour des préoccupations actuelles de la bio, dans un contexte de crise sanitaire : les secteurs impactés, la résilience des systèmes bio, l’essor des circuits courts, la nécessité pour les producteurs de se regrouper et se structurer pour une rémunération plus équitable, l’importance de politiques publiques volontaires et d’une Pac réorientée, l’accès de la bio à tous, etc.

« La bio répond à des questions à la fois à court terme et à long terme, résume Philippe Henry, président de l’Agence Bio et polyculteur-éleveur à Vallois en Meurthe-et-Moselle. Prévenir plutôt que guérir, c’est le principe qu’on applique. Tout le monde a compris que l’alimentation était centrale, et l’accessibilité du bio, un enjeu prioritaire. La bio doit s’adresser à tout le monde, pas qu’à une élite. » Pour cela, plusieurs leviers existent : changer les habitudes individuelles, en cuisinant notamment, « mais les Pouvoirs Publiques ont un rôle pour introduire la bio dans les cantines, ainsi que la Pac, pour intégrer une rémunération afin de protéger ce bien commun qu’est l’environnement ». Selon le président de l’Agence Bio, pour résister à la crise, la coopération doit être mise en avant, plutôt que la compétition. « Aujourd’hui, plus de 10 % des agriculteurs sont en bio, et ce secteur génère 200 000 emplois, se réjouit-il. En ce début 2021, le bio poursuit et consolide sa croissance. »

 

C. R-F

 

  • Retrouvez en replay la première émission La matinale Bio “Le bio pour surmonter les bouleversements environnementaux et socio-économiques ?” diffusée le 19 janvier 2021 : ici
  • La prochaine émission de La Matinale bio est prévue le 12 février.

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