Aquitaine et Arbio : “dynamiser et structurer les initiatives”

Le 09/04/2010 à 15:00 par La Rédaction


“Créer un climat positif et collectif pour structurer la bio”, tel est le leitmotiv d’Arbio, l’interprofession bio d’Aquitaine. Forte de 70 organismes adhérents, elle n’a de cesse d’initier et de stimuler les initiatives.

Autour du président Patrick Grizou, producteur de céréales et de pommes, l’équipe s’est étoffée, composée désormais de trois salariés. “Les nouvelles conversions sont déjà importantes et le nombre de candidats intéressés est élevé, souligne Jérôme Cinel, le coordinateur de la structure. Déjà 120 dossiers de demande de MAE ont été déposés en 2009, sans compter tous ceux qui optent pour le crédit d’impôt doublé. Il est indispensable de développer et structurer les débouchés, d’autant plus que 2010 devrait être une année record pour les conversions.”


 

Évaluer les besoins

Les attentes des transformateurs du Sud-Ouest ont été évaluées dans le but de planifier les cultures. Ainsi, pour l’industrie (Vitamont, Danival, Vitagermine, Bioviver…), les besoins en pommiers bio se montent à 350 ha à l’horizon 2012, alors qu’une dizaine d’hectares sont actuellement en production. En prunes d’Ente, il faudrait 300 ha pour combler la demande, contre 50 recensés aujourd’hui. En tomates destinées aux jus, concentrés ou purées, le marché est énorme : il nécessite 255 ha, alors que seuls 20 ha leur sont consacrés. “Cette culture représente une réelle opportunité, analyse Jérôme Cinel. Les rendements en bio sont satisfaisants, pour une valorisation bien supérieure, multipliée par deux.” En petits pois, la demande correspond à 124 ha, contre une cinquantaine aujourd’hui. “Mais il nous faut regrouper l’offre pour peser auprès de la 1ère transformation qui doit pouvoir s’organiser afin de faire certifier ses outils. Nous avons rencontré un écho favorable de sa part.” Pour Arbio, il s’agit de sécuriser les débouchés, avant de mobiliser les organisations de producteurs au lancement de ces cultures.

Des projets à foison

Arbio est aussi très impliqué dans les projets de structuration de fi ières du Grand Ouest soutenus par le fonds Avenir Bio de l’Agence Bio. Outre ceux concernant la transformation de fruits, le soutien à la pomme Juliet, à l’organisation de producteurs Sud-Ouest bio, à la coopérative Cabso, deux autres projets visent à donner de l’élan au secteur de la viande : l’un est en lien avec un groupement de producteurs de Dordogne, la SCA Pré Vert pour répondre aux rayons boucherie des Biocoop du Sud-Ouest, l’autre ambitionne de valoriser localement les agneaux du groupement Capverslebio du Gers, en lien avec la chambre d’agriculture de ce département et Agrobio Dordogne. “La filière bio s’engage de toutes parts, mais nous devons assurer la cohérence de toutes ces initiatives pour éviter qu’elles ne se concurrencent.” Enfin, le projet de valorisation de la châtaigne, appuyé par la société de transformation Inovfruit qui dispose d’un procédé innovant de mise sous vide, a obtenu le soutien du fonds de l’Agence Bio. Déjà 1 000 arbres de châtaigneraies traditionnelles ont reçu la certification grâce au feu vert de l’Inao.

Menu copieux pour la restauration

Afin de diversifier au maximum les débouchés et ainsi sécuriser l’activité des producteurs, Arbio actionne aussi le levier de la restauration collective. 230 professionnels, élus et gestionnaires de cuisines collectives, ont participé au 1er forum régional sur ce sujet, organisé par l’interprofession le 25 novembre. Attaché à privilégier les produits de proximité, Arbio y a distribué un catalogue des fournisseurs régionaux. “Notre but est de faire connaître la filière régionale et ses opérateurs auprès des professionnels et de promouvoir les partenariats pour valoriser au maximum l’approvisionnement local”, explique le coordinateur. Déjà, le restaurant administratif d’Agen propose 20 % de produits bio originaires du Sud-Ouest. La communauté d’agglomération d’Agen se lance aussi, tout comme le syndicat intercommunal de Bordeaux – Mérignac, avec ses 18 000 repas par jour en écoles maternelles et primaires. “Que ce soient des gestions concédées ou directes, nous les incitons à recentrer leurs achats, en utilisant le savoir-faire des structures de distribution existantes.” À noter l’implication de la Région qui a consacré 1,9 million d’euros à la bio en 2009. Un soutien qui pourrait faire décoller la bio en Aquitaine bien au-delà des 2 % actuels de la surface agricole.

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Le Siad à Agen : le salon de la bio et du durable

Salon International de l’agriculture durable, le nouveau salon d’Agen sera aussi celui de la bio. Arbio, qui coordonne le pôle bio de 300 m2, mobilise déjà ses adhérents. “Nous privilégions les filières, afin de montrer aux candidats à la conversion qu’ils ne partent pas à l’aventure”, résume Jérôme Cinel. Rendez-vous donc à Agen du 3 au 5 juin 2010.

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www.salon-agriculture-durable.org

Christine Rivry-Fournier

Achetez le Biofil N°67, Novembre-Décembre 2009