Fédérer les producteurs

Objectif réussi pour la Coopérative des agriculteurs bio du Sud-Ouest.

En 2017, la Cabso fédère 52 producteurs sociétaires. Objectif pour 2021 : passer à 75. (crédit : B. Tauran)

Depuis 30 ans, la Cabso est fidèle à ses valeurs : valoriser au mieux les produits des fermes diversifiées des adhérents 100 % bio, avec des marchés rémunérateurs et pérennes. Acteur incontournable de la bio dans le Sud-Ouest, l’organisation de producteur approfondit son développement.

“D e 1989 au début des années 2000, la Cabso a connu sa première phase, celle des défricheurs, se rappelle Vincent Lestani, directeur de cette société coopérative agricole. Ce furent des années difficiles. La coopérative avait du mal à joindre les deux bouts économiquement.” Merci au marché allemand, assurant le débouché, déjà demandeur de bio à l’époque.

Le marché mature
“C’est vers 2002-2003 que le marché commence à se développer. Et le réseau Biocoop débute sa structuration : nous avons fait le choix de nous concentrer sur ce créneau. Cela s’est révélé payant et gagnant !” Pour Vincent Lestani, à l’époque, le marché bio est presque plus libéral que le marché conventionnel. “Nous trouvions beaucoup d’opérateurs privés, élaborant leurs prix au jour le jour. Parfois un ou deux producteurs avec une surproduction effondraient les cours. Nous avons voulu sortir de cette logique de spéculation.” Et à partir de 2005, c’est l’envol, la croissance annuelle à deux chiffres ne quitte plus la coopérative. “Depuis 2015, nous peinons à fournir la demande, surtout en pommes, épinards, blettes, mâche, choux…”

Construire des filières équitables
Garantir des débouchés fiables et rémunérateurs est un point d’honneur. “Nous ne nous aventurons pas sur des marchés hasardeux.” La coopérative propose des prix lissés : quand la demande du marché baisse fortement, la coopérative ne descend pas ses prix au plus bas. “En général, nous avons au maximum trois prix à l’année, élaborés en fonction des coûts de production des adhérents…” Avoir su fédérer les producteurs, sans lâcher sur les valeurs est une grande fierté. “Avoir toujours maintenu nos prix nous a permis de pérenniser un tissu de producteurs et de le développer.” Autre grande réussite pour Vincent Lestani : s’être fortement impliqué dans le réseau Biocoop, et participer à ce qu’il devienne, outre un réseau de magasins, un réseau d’acteurs de filières. “Nous avons participé à l’ouverture du sociétariat de Biocoop aux groupements de producteurs, éclairé sur les réalités de la production, aidé à la mise en place de contractualisation et d’élaboration d’un juste prix.”

Quelques regrets
Un regret : ne pas avoir pu faire valoir la totalité des contraintes de la bio dans le marché. “Aujourd’hui, il faut présenter un produit presque parfait, suivant quasiment les critères du conventionnel. En pomme, nous arrivons encore à valoriser les différents calibres, mais l’épiderme doit être impeccable. Les melons ne doivent plus présenter de brûlures… même si au niveau gustatif, la qualité est similaire.” Des productions mal conditionnées peuvent également être refusées. Les nouveaux producteurs doivent donc produire de la qualité dès le départ.

Nouveaux bâtiments, nouveaux clients
Le projet à court terme : la construction de nouveaux bâtiments. “Nous sommes locataires sur la plate-forme
Biocoop à Port-Sainte-Marie. Mais nous allons déménager à 14 kilomètres, à Damazan, sur un site indépendant.  Nous aurons la capacité de réaliser notre métier dans de meilleures conditions et avec plus de professionnalisme…” Ce projet de construction est en plus couplé à un nouveau plan de collecte : “Nous souhaitons collecter nous-mêmes 60 à 70 % de nos volumes d’ici 2020. Pour soulager les producteurs des temps de livraisons”. En parallèle, la coopérative étoffe son équipe sur ses pôles amont et aval en embauchant un technicien spécialisé sur l’appui technique et en prévoyant de renforcer ses moyens commerciaux. La Cabso se fixe comme objectif en 2021, de regrouper 75 sociétaires et vendre 4 500 tonnes de production. “Nous sommes en recherche permanente de nouveaux producteurs.” Les projets à terme sont aussi de diversifier la clientèle. “Nous souhaitons réellement développer la Cabso, et nous savons que cela ne passera pas uniquement avec Biocoop. Notre objectif : devenir la coopérative référence sur notre territoire en produits bio diversifiés.” Pour cela, l’organisation va chercher à augmenter ses ventes auprès de la restauration collective, les revendeurs de marchés de plein-vent et les  transformateurs “de plus en plus en recherche de produits de proximité”.

Frédérique Rose

 

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