Ils s’installent éleveurs en vente directe

Percheron, Aubrac et projet de porc Gascon

Adeline Lamarque choisit d’être éleveuse d’Aubrac. (© A. Lamarque)

L’élevage fait encore rêver : preuve en est l’enthousiasme de ce jeune couple en train de se lancer dans l’aventure, sans être du milieu agricole et sans capital. Un double défi relevé en duo et en vente directe.

« Et en bio, forcément”, sourit Adeline Lamarque, installée éleveuse d’Aubrac et de Percheron depuis un an sur les hauteurs de Condrieu dans le Rhône. “Même si la chambre d’agriculture m’a un peu découragée, m’incitant d’abord à démarrer en conventionnel, puis à m’orienter vers la volaille, j’ai tenu bon.” Passionnée de nature et de chevaux, un bac STAE (1) en poche, elle n’avait jamais osé s’imaginer éleveuse. Son projet a pris forme peu à peu. Soutenue par Pierre son mari au parcours atypique – il est devenu féru de porc Gascon après des études de lettres –, Adeline Lamarque se lance. “Nous avons eu beaucoup de chance avec le foncier, se réjouit la jeune femme. Nous avons pu acquérir 42 hectares, répartis en plusieurs parcelles rapprochées grâce à la Safer.”

Administratif et sécheresse

Sans capital initial, ils obtiennent un prêt bancaire pour un investissement total de 350 000 euros, incluant terres, cheptel, tunnels de stockage et d’élevage, et matériels. Le démarrage de l’EARL Ferme de loutre se fait avec 4 poulinières pour la reproduction, et 10 Aubrac et leurs suites. “Cette race bovine est magnifique. Rustique, elle valorise nos terres et apprécie les fourrages grossiers. Elle est facile à manipuler et sa chair est goûteuse, très appréciée, idéale pour la vente directe.” Après l’abattage à Annonay, le façonnage à Burdignes, la viande est mise sous vide à la ferme. Pour Adeline Lamarque, le plus difficile pour démarrer n’est pas la partie élevage. “C’est l’administratif, très lourd à gérer”, regrette-t- elle. Et aussi la sécheresse qui l’a contraint à acheter du fourrage cette année, et ce, au prix fort -180 euros la tonne. “Les mélanges prairiaux implantés au printemps n’ont pas levé. Il aurait fallu les semer à l’automne, mais nous n’avions pas encore les fonds. Seule la luzerne est réussie.

C’est maintenant au tour de Pierre Lamarque de vouloir s’installer en porc Gascon. “Cette race va valoriser aussi nos parcelles de bois.” Venu au Sommet de l’Elevage, le couple se renseigne sur les cabanes de maternité mobiles. “Nous sommes rassurés sur les débouchés très prometteurs en vente directe, concluent-ils. Mais l’incertitude sur le paiement et la pérennité des aides PAC, pris en compte dans la viabilité de notre projet, nous inquiète vraiment.

Christine Rivry-Fournier

(1) Sciences et technologies de l’agronomie et de l’environnement

 

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