Quelles avancées en phytothérapie ?

Éric Darley, éleveur et spécialiste en phytothérapie. (© F. Ripoche)

Favoriser les échanges de savoirs

En agriculture bio, la phytothérapie est un des axes incontournables dans la gestion de la santé des animaux. Dans quel domaine est-elle efficace, y a-t-il des évolutions, comment évoluent les pratiques et la législation sur ce point ? Les réponses d’Éric Darley, éleveur et spécialiste.

La phytothérapie utilise des préparations à base de plantes issues d’extraction, de fermentation ou encore de distillation et englobe de ce fait l’aromathérapie. Éric Darley, éleveur ovin depuis 1986 dans l’Aveyron, en bio depuis 2000, produit des mélanges d’huiles essentielles, auxquelles il s’intéresse depuis l’adolescence. Cet autodidacte est adhérent de l’Avem, l’Association des vétérinaires et des éleveurs du Millavois. C’est dans ce cadre participatif qu’il a développé son travail. Pour lui, bien plus que des produits de soins, les huiles essentielles accompagnent la vie des animaux. Cueilleur et distillateur, il en commercialise depuis 1996. Les recettes des mélanges qu’il prépare aujourd’hui sont “open source”, dans un esprit d’échanges de savoirs pour faire avancer la phytothérapie.

Biofil : D’où vous vient cet intérêt ?
Éric Darley : Je me suis intéressé aux huiles essentielles d’abord à travers le travail du docteur Valnet, puis les recherches scientifiques dans les années 1970 sur leurs phénotypes et leurs propriétés. Une fois éleveur, je m’y suis peu à peu replongé en gérant l’envahissement des ligneux sur mes parcours, des pins sylvestres ou des genévriers. En même temps que je gagnais des surfaces en herbe pour mes moutons, je valorisais ces essences en distillation. Voici comment a démarré mon travail sur les huiles essentielles.

Pourquoi ce choix ?
E.D. : En phytothérapie, je trouve l’usage de l’aromathérapie, en matière de conservation des produits et de facilité d’emploi, plus simple pour appréhender les soins et l’accompagnement de la vie du troupeau. Les huiles essentielles, sans oublier la pertinence de leurs coproduits, les hydrolats, peuvent impacter profondément son comportement. Ce sont des produits de soins et d’agrément de vie, très proches de l’alimentation, des compléments alimentaires, qui servent aussi à la communication.

Quelles sont vos avancées ?
E.D. : Mon évolution sur les huiles essentielles a été assez longue, empirique. Je me suis renseigné sur les chémotypes – les variations chimiques de certaines plantes – et je me suis intéressé à la notion d’énergie des huiles essentielles et leur côté informationnel. Plusieurs centaines de molécules véhiculent une odeur, envoyant un ensemble d’informations, que l’on peut “apprivoiser” dans le troupeau. Les plantes elles-mêmes ont développé ce processus entre elles pour attirer ou repousser des animaux. Très peu de produits de base volatilisés dans une bergerie par exemple peuvent envoyer des messages : favoriser l’oestrus, induire le tarissement, orienter le troupeau vers du calme ou de la dynamisation. Cela s’inscrit d’ailleurs dans ce que nous essayons de faire à l’Avem : comprendre le troupeau comme un organisme unique dans la gestion des facteurs de risques.

Frédéric Ripoche

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