Des prairies mieux valorisées

Témoignage d’éleveurs

Selon le diagnostic floristique réalisé par Agrobio Basse-Normandie, les prairies de Franck Leboulanger contiennent “40 % de graminées de bonnes valeurs fourragères et 30 % de trèfles”. (crédit F. Ripoche)

Du nord au sud, des producteurs cherchent des solutions pour valoriser au mieux leurs prairies. C’est le cas dans le Puy-de-Dôme à la ferme de la Terrasse, chez Franck Leboulanger en Normandie ou au Gaec de l’Herbage en Loire-Atlantique.

Après une période de sécheresse assez dure, il est tombé 50 mm d’eau et c’est de nouveau la canicule” , résume Bernard Ménadier, de la ferme de la Terrasse, début juillet. Éleveur laitier, en bio depuis 2000 à Courpière dans le Puy-de-Dôme, il est habitué aux coups de chaud. Mais il doit composer avec des périodes plus prégnantes et changeantes. Ses 180 hectares, labourables, évoluent entre 300 et 500 m d’altitude. Pour lui, maintenir la majorité des surfaces en prairies, dont la moitié est permanente, est devenu une évidence. “Il faut anticiper les années difficiles.” Certaines prairies, cassées à d’autres périodes, ont été remises en herbe au fil du temps.  “Notre objectif est d’avoir de l’herbe toute l’année avec un bon équilibre graminées/légumineuses pour mettre les animaux à la pâture le plus longtemps possible et être autonomes en fourrages grossiers.”

Optimiser la ressource prairies
Avec 90 hectares de prairies naturelles, 70 ha de prairies temporaires et 20 ha de céréales, Bernard Ménadier mise clairement sur l’herbe pour ses 90 vaches (1). Le maïs n’est plus produit depuis deux ans. “C’est notre choix après deux mauvaises récoltes dues à la sécheresse et un surplus de travail en période de foin”, précise-t-il. Les interventions mécaniques se sont réduites. Les prairies semées sont plus longues dans une rotation simplifiée. Elles sont désormais présentes cinq à six ans devant trois ans de mélanges céréaliers. En faisant évoluer le troupeau de Holstein vers la Simmental, les producteurs ne cherchent plus à compléter des rations à haut niveau de production, mais s’adaptent à la ressource en herbe. Le choix des multi-espèces s’est fait il y a sept ans, avec des mélanges fauche, pâture ou mixte. La luzerne est très présente, mais limitée en pâture. Le choix de variétés diploïdes est adapté au foin séché en grange. Les espèces de type RGI à durée courte sont désormais bannies. Trois à quatre coupes sont réalisées au cours de la saison pour produire 7 à 10 t de MS/ha pour les prairies temporaires.

Frédéric Ripoche

 

 

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