Simplifier le travail du sol : le défi du non-labour

 

Le labour est accusé de diluer la matière organique, de détruire la faune du

À l’instar du conventionnel, l’agriculture bio s’interroge sur l’intérêt de recourir au non-labour, notamment pour des raisons agronomiques.

Cependant, les échecs fréquents de ce mode de travail du sol, surtout liés à la difficulté de maîtriser les adventices, le rendent impossible à généraliser en grandes cultures.

“Dès les années 1950, le courant agrobiologique a souligné les méfaits de la charrue sur l’activité biologique et recommandé un travail du sol respectant l’ordre des couches de terre, donc sans retournement, rappelle l’agronome et auteur-éditeur Dominique Soltner. Est alors apparu un appareil fi ssurant et ameublissant le sol sans le retourner, la “fouilleuse”, une multi sous-soleuse légère dont dérive l’Actisol aujourd’hui. Ce fut vraiment le premier appareil de culture simplifi ée sans labour.” Selon le réseau Agriculture de conservation (lire Biofi l n° 56), le labour présente en effet de multiples inconvénients. Il est accusé de diluer la matière organique, de détruire la faune du sol et en particulier les vers de terre épigés, ce qui entraîne une dégradation de la structure et des risques accrus d’érosion. Pour éviter ces inconvénients, mais aussi pour gagner du temps, certains céréaliers bio se sont lancés dans le non-labour. Voici quelques témoignages.

Rotation courte et binage systématique

En bio depuis 1999, Bruno Joguet, céréalier bio à Vendrennes, en Vendée, a poursuivi l’usage du non-labour, déjà pratiqué en conventionnel par son père depuis 1978. Si au départ, le gain de temps était recherché avant tout, les motivations agronomiques ont rapidement pris le relais. “Les sols sont devenus moins battants et plus faciles à travailler.” La préparation des terres à maïs commence par le broyage des pailles de blé, un déchaumage au cover-crop puis l’implantation d’une avoine de printemps en couvert hivernal. Ce dernier est détruit au printemps par un passage de rotavator à 4-5 cm, suivi éventuellement de disques. Ensuite, plusieurs faux-semis sont réalisés au vibroculteur avant épandage de compost. Enfin, un passage d’Actisol à 20 cm précède un vibroculteur, une herse rotative puis le semis. Quant à la préparation des terres pour le blé, semé derrière des haricots, fl ageolets, lentilles ou pois chiche dont la paille est récoltée, elle fait se succéder plusieurs passages…

Retrouvez l’intégralité du dossier « Simplifier le travail du sol » dans Biofil n°77, juillet/aout 2011

Inscrivez-vous à la newsletter
gratuite de BIOFIL.