Respect du bien-être animal… jusqu’à l’abattage à la ferme

Un projet innovant à soutenir

 

Une démarche de progrès : les animaux restent auprès des éleveuses et éleveurs, de leur naissance à l’abattage. Ici, Ludivine Cosson, éleveuse à Notre Dame-de-Mont en Vendée, engagée dans le projet. (©Frédéc Signoret)

Supprimer la souffrance des animaux à l’abattage, tel est l’objectif d’éleveuses et d’éleveurs de l’Ouest de la France. Réunis en association, ils lancent un projet, avec caissons mobiles utilisables à la ferme. Pour le financer, une campagne de crownfunding est en cours.

Initié par le Gab – groupement des agriculteurs bio – de Loire-Atlantique, soutenu par la Fnab, ce projet vise à réduire au maximum le stress et la douleur des animaux à l’abattage. Il fédère 150 éleveurs et éleveuses de Loire-Atlantique et de Vendée, mobilisés sur le sujet depuis trois ans au sein de l’Aalvie – abattage des animaux sur leur lieu de vie. « Le bien-être animal fait partie des valeurs fondatrices de l’agriculture bio, et la réglementation encadre strictement les conditions de vie des animaux sur les fermes bio. Mais les éleveurs n’ont pas la main sur l’abattage », résume Guylain Pageot, installé en Loire-Atlantique, porteur du projet. « Nous voulons pouvoir accompagner jusqu’au bout les animaux nés et élevés sur nos fermes et dont nous prenons soin tout au long de leur vie. C’est une façon de leur marquer notre respect et de réduire fortement le stress lié à ce moment. »

Les éleveurs engagés dans la démarche devant le caisson mobile. (©Fnab)

 

Caissons mobiles et unités de proximité

La solution mise en œuvre est d’abattre les animaux – vaches, moutons, porcs – sur leur lieu de vie : l’étourdissement est réalisé par un professionnel, en présence de l’éleveur, dans l’environnement de l’animal, en extérieur ou dans un bâtiment de la ferme. Puis la saignée est effectuée dans un caisson mobile, transporté ensuite vers un site de transformation, dit « de mise en carcasse », à proximité. Et ce, pour éviter tout stress à l’animal, lié au changement de lieu et au transport souvent long et pénible. Deux unités fixes seront donc construites non loin des fermes – à moins de 60 kilomètres – pour respecter les deux heures maximales imposées par la réglementation, entre l’abattage et les étapes suivantes, dans le respect des normes sanitaires : la première sera située en Loire-Atlantique, dans le Sud (Machecoul) et la seconde dans le Nord (Plessé). L’objectif est de lancer le process dès 2021. Un test a déjà été réalisé et validé par les services de l’État. L’Aalvie a bénéficié de l’appui des collectivités locales, départementale et régionale pour l’étude de faisabilité.

 

Financé par crownfunding

Le caisson mobile pour aller au plus près des animaux, dans leur environnement de vie, et réduire au maximum leur stress. (@Fnab)

Dans un premier temps, une vingtaine de caissons va être déployée sur quatre départements (Loire-Atlantique, nord Vendée, quart sud-est du Morbihan et quart sud-ouest de l’Ille-et-Vilaine). Pour financer ce projet innovant et inédit, l’Aalvie a lancé début juillet et pour une durée de 45 jours, la plus importante campagne de crowdfunding par paliers jamais initiée pour un projet agricole : récolter 1 M€ en visant 40 000 donateurs. 300 000 euros seront destinés à la structuration du projet (juridique, financière, etc.) et 700 000 euros à l’investissement dans les deux unités fixes. Il reste encore trois semaines pour participer. « Tout le monde est concerné, rappelle Guylain Pageot. Pour la première fois, éleveuses et éleveurs conduisent ensemble une solution d’abattage à la ferme qui sera transposable partout en France. Cela redonne du sens à notre métier. » Pour Guillaume Riou, président de la Fnab, « ce projet répond à la fois aux attentes sociétales fortes sur le bien-être animal, mais il participe aussi à reconstruire des circuits de proximité pour la viande qui, après la crise du Covid, doivent devenir la troisième voie commerciale pour l’agriculture française. »

C. R-F

 

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