Semences potagères : porte-graines bio multipliez-vous !

La poussée de la demande en légumes bio, et la hausse des surfaces en culture stimulent les besoins en semences potagères bio. Soucieuse de cohérence et de crédibilité, la majorité des producteurs les privilégie. La liste des variétés hors dérogation s’allonge peu à peu. Pour la première fois en 2015, le nombre de dérogations vers des variétés non-traitées autorisées par la réglementation, s’infléchit. Est-ce une tendance de fond ? Il est encore trop tôt pour l’affirmer. N’empêche, l’offre en semences bio adaptées à la demande est encore trop faible. Si la sélection de variétés bio spécifiques est indispensable, la multiplication en bio est aussi une étape essentielle. Or elle doit se professionnaliser, notamment via des formations. Et ça bouge dans la filière.

Bisannuelle, la carotte est l’une des espèces les plus délicates à multiplier en bio, et implique un savoir-faire pointu qu’ont acquis certains multiplicateurs tenaces.

Bisannuelle, la carotte est l’une des espèces les plus délicates à multiplier en bio, et implique un savoir-faire pointu qu’ont acquis certains multiplicateurs de semences potagères tenaces.

 

INTERVIEW :

Responsable de la bio à la (Fédération nationale Fnams des multiplicateurs de semences), François Collin est le correspondant de la filière semences bio depuis une quinzaine d’années. Il fait le point sur les enjeux, les contraintes et les voies de progrès de la multiplication en bio.

Les surfaces multipliées sous contrats en potagères bio stagnent, voire régressent en France. Pourquoi ?

François Collin : Les semenciers, hormis quelques-uns impliqués depuis déjà longtemps, s’investissent peu, car les débouchés sont considérés comme encore trop faibles et la rentabilité incertaine dans certains cas pour l’établissement comme pour l’agriculteur multiplicateur. Mais la hausse de la demande et de la production en légumes bio, ainsi que la liste des espèces hors dérogation qui s’élargit, va accroître les besoins en semences bio. Donc, le secteur doit se développer. Même si la multiplication de semences potagères s’est mondialisée, la   lière française a besoin de former des agriculteurs multiplicateurs compétents, pour assurer la pérennité de cette activité.

À qui cette production s’adresse-t-elle ?
F.C. : La culture de porte-graines bio ne s’improvise pas, elle est minutieuse. Elle doit répondre à une double exigence réglementaire, celle du cahier des charges bio et ses obligations de moyens, et aux normes de certification des semences, avec des obligations de résultats. …

Lire la suite dans le Biofil n°104 (mars-avril 2016).

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