Rhône-Alpes : Bio’N Days : la recherche sert la transfo bio

Placées sous le signe de l’innovation, ces rencontres Bio’N Days, tenues à Valence en avril, ont été pilotées par un comité scientifique international et coorganisées par Organic Cluster, la Chambre de commerce et d’industrie de la Drôme, Entreprise Europe Network et Innovation Fluides Supercritiques.

Le but : présenter les méthodes de conservation et d’extraction utilisables en bio et l’état dans la recherche sur ces sujets. Une bourse technologique a donné lieu à 400 rendez-vous entre les 170 participants venus de 9 pays d’Europe. Chacun a pu soumettre ses problématiques et projets aux équipementiers, labos, chercheurs.

En bio, la conservation pose beaucoup de questions en alimentaire et plus encore en cosmétique puisque très peu de conservateurs sont autorisés. Par ailleurs, le consommateur cherche des produits performants avec polyphénols, antioxydants, vitamines et autres principes actifs… Comment concilier ces contraintes ?

Certains extraits naturels et huiles essentielles sont connus comme ayant des propriétés intéressantes comme l’extrait de pépins de pamplemousse, les vitamines C et E… mais font l’objet de trop peu de recherches, malgré le potentiel. Beaucoup reste à faire aussi pour rendre applicables tous les travaux prometteurs mais abandonnés dans les cartons des chercheurs. Aujourd’hui, la quête de naturel du consommateur, bio ou non, incite à faire bouger les choses.

Les pistes de travail sont multiples et complémentaires car la conservation s’appréhende en agissant sur tous les plans : formulation, décontamination, emballage et aussi environnement. Entre autres, plusieurs modes de traitement thermique ont été comparés et la technologie du CO2 supercritique, possible en bio, a été présentée, démonstration à l’appui. Il s’agit d’utiliser du CO2 dans un état intermédiaire entre liquide et gaz, pour réaliser des extractions très performantes, par exemple pour les plantes et la décontamination bactérienne de jus de fruits, lait et autre liquide, épices… Tout l’intérêt de cette technique, encore peu adoptée en applications industrielles, vient de l’utilisation de basses températures, entre 40 et 60°C, qui respecte mieux le produit. Des pistes intéressantes, dont certaines déjà opérationnelles, concernent les emballages. L’atmosphère modifiée qui consiste à retirer l’air contenu pour le remplacer par un gaz inerte (O2, CO2), permet de ralentir les dégradations chimiques et bactériennes. Plus encore, l’emballage dit “actif” est capable d’absorber des composés dégagés par le produit ou, à l’inverse, de libérer des molécules comme du CO2, aptes à allonger la conservation. À ce sujet, des recherches sont en cours avec des extraits de plantes comme artichaut, papaïne, ail… riches en propriétés antioxydantes et/ou antimicrobiennes.

Martine Cosserat

Retrouvez l’intégralité de l’article dans Biofil n°70.

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