Midi-Pyrénées : soulagement pour les éleveurs bovins (B70) viande

Enfin, la viande bio va être valorisée !

Beaucoup d’animaux, écoulés en filière classique, vont pouvoir être vendus en bio grâce à la SARL Cap vers le Bio, structure de commercialisation de viandes bio basée à Seissan dans le Gers et ce, sur la base de contrats avec l’aval. Initiée par Biocoop, la filière a été lancée le 14 avril chez Sabrina Abadie, éleveuse dans le Gers, en présence de tous les partenaires régionaux et d’Élisabeth Mercier de l’Agence Bio qui a participé au financement, dans le cadre du fonds Avenir Bio. La Scic (1) Resto Bio 65 fait partie de la démarche.

La nouvelle filière démarre avec une vingtaine de producteurs. La plupart est issue du “feu” groupement Tio, de l’atelier de découpe Vilobio de Seissan et l’atelier de fabrication de steaks hachés Gers Bœuf qui envisage de s’agrandir. Christophe Capdecomme, éleveur bio et gérant de Cap vers le Bio, prévoit une croissance des volumes avec près de 50 éleveurs fournisseurs en 2011 et vise aussi la boucherie traditionnelle. De son côté, Biocoop, qui absorbe aujourd’hui près de 1200 tonnes de viande sur l’Hexagone, annonce un objectif ambitieux de mise en place de 40 rayons boucherie à la coupe dans ses magasins du quart Sud-Ouest, sur 3 ans. Les prix devraient être ainsi plus intéressants pour le consommateur, et la qualité mieux mise en valeur, le préemballé n’étant pas l’idéal. Pour Franck Bardet, responsable produits frais à Biocoop : “il s’agit d’amener du professionnalisme dans ce rayon qui reste mal géré, souffrant d’un manque de connaissance d’un produit hypertechnique, donc de déficit de service et de conseil. Au-delà du chiffre d’affaires, la viande est un moyen d’attirer une clientèle à ne pas négliger”.

Le potentiel est important puisque l’enseigne vend surtout de la volaille (38 %) et du porc (38 %), alors que le steak haché représente 60 % des ventes de bœuf. Pour approvisionner le Sud-Ouest, Biocoop s’appuiera désormais sur Cap Vers le Bio et sur la Sica Pré Vert, en nord Aquitaine. 2 bêtes par semaine devraient être écoulées.

Valoriser la carcasse entière

De son côté, Resto Bio 65 a aussi d’importants besoins pour la restauration collective régionale. Cette structure constitue un maillon essentiel, car la boucherie écoule plutôt la viande de 1ère catégorie. Véronique Ducombs, sa responsable, insiste sur la nécessité d’une démarche collective seule capable de faire face à des demandes comme celle de la ville de Toulouse sans prendre trop de risque. Chaque service regroupe près de 8 tonnes de viande, ce qui est réalisé aujourd’hui grâce à 3 fournisseurs. Seule la combinaison des partenaires d’aval avec leurs besoins différents peut valoriser les carcasses entières et assurer la viabilité de toute la filière viande bio. Celle-ci reste difficile à construire, notamment en raison de la diversité des races et des modes d’élevage. D’où la nécessité notamment d’une planification très efficace, en tenant compte des périodes de consommations, avec de solides engagements de l’aval. Pour Stéphanie Lang, coordinatrice d’Interbio Midi Pyrénées, “il faut multiplier les liens entre les acteurs et ne pas s’écarter de la démarche collective qui, aujourd’hui, est soutenue par tous, y compris politiquement, et qui seule permettra de développer la filière”.

Une priorité

La filière viande bio est la priorité d’Interbio Midi-Pyrénées en 2010, avec ses partenaires, Fédération des coops, la Chambre régionale et la Frab. L’objectif est triple : répondre à la demande régionale par des filières courtes ou semi-longues, améliorer la valorisation des animaux, structurer la production de viande bio en Midi-Pyrénées. Suite à l’analyse du potentiel existant, des actions vont être lancées. Du côté des élevages, la technicité, la viabilité et la qualité des animaux doivent être améliorées, en basant les systèmes sur l’engraissement à l’herbe et au foin, pour réduire l’apport de céréales et gagner en efficacité économique et en finition des animaux. Un réseau de fermes de références sera un appui pour mieux gérer la rentabilité des ateliers de finition, en faisant appel aussi aux compétences des filières conventionnelles. Des projets sont en cours pour avancer sur la filière broutard.

Martine Cosserat

(1) Société Coopérative d’Intérêt Collectif.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans Biofil n°70

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