Languedoc-Roussillon : la bio pour sauver l’eau (B69)

Promouvoir la bio pour protéger les eaux de surfaces est le pari fait en Languedoc-Roussillon.

C’est pourquoi l’Agence de l’eau s’est engagée autour des zones de captages d’eau les plus critiques, en signant une convention portant sur 2009 et 2010 avec la Frab Languedoc-Roussillon, la fédération régionale de la coopération agricole et la région. L’objectif : développer la bio autour de zones sensibles. “Le financement de l’opération sera amené par l’État et la Région et portera notamment sur l’animation technique du dispositif, la prise en charge d’une partie des aides à la conversion et l’aide à l’achat de matériels de travail de sol”, détaille Patrick Marcotte, coordinateur de la Frab.

Pour savoir où agir le plus efficacement, des études ont été réalisées et rendues publiques lors de la dernière conférence régionale bio en marge du Sitevi de Montpellier début décembre. La juxtaposition des cartes de risques liés aux pesticides et de l’agriculture biologique permet de visualiser rapidement les zones les plus sensibles. “À partir de ces données, nous menons, depuis début 2010, un travail de sensibilisation des acteurs locaux à la conversion, les agriculteurs bien entendu, les coopératives, mais aussi les collectivités locales et notamment les intercommunalités”, souligne Marie-Laure Renault, chargée du dossier pour la Chambre régionale d’agriculture.

De nouvelles entités juridiques

L’originalité du projet tient à l’effacement voulu des frontières naturelles de l’exploitation agricole : en effet, la logique de zone est primordiale pour espérer avoir un effet bénéfique sur la qualité de l’eau. “Nous allons tenter de susciter la création de nouvelles entités juridiques rassemblant plusieurs exploitations sur un projet bio destiné à protéger les eaux. Par exemple en créant une SCEA sur une zone déterminée qui rassemblerait les parcelles de plusieurs agriculteurs. Les SCEA pourront devenir adhérents des coopératives pour la commercialisation des productions, constituant ainsi des îlots bio.” Concrètement, les efforts vont porter sur 10 projets, dix zones très sensibles à la pollution des eaux par les produits phytosanitaires, réparties sur l’ensemble du Languedoc-Roussillon. “Nous comptabilisons plus de 250 conversions, cette opération amènera peut-être un coup de pouce supplémentaire. Mais toute la question est de savoir comment concilier au mieux l’intérêt public, la préservation des eaux tout en restant connecté au marché et à la demande en produits bio”, conclut Patrick Marcotte.

C. R.-F.

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