Languedoc-Roussillon : Attention à la marche !

Jean-Luc Malicorne, président du Civam bio de l’Hérault (collège amont), prend la tête de l’interprofession, assisté de Bernard Kimmel (Arcadie, collège aval) élu vice-président.

Réunie en grande messe à Montpellier le 10 février dernier, la filière bio de Languedoc-Roussillon s’est donné les moyens de ses ambitions.

La création de l’interprofession Sud et Bio (lire Biofil n°74), présidée par l’éleveur Jean-Luc Malicorne, va clarifier le panel des interlocuteurs des pouvoirs publics. Face à un nombre de conversions en plein boom, la structuration de la filière est nécessaire. En vigne, ce sont 3 000 ha supplémentaires en conversion en 2010, soit la moitié de l’engagement national de l’année. Animateur de l’association interprofessionnelle des vins bio, Thierry Duchêne avalise une certaine inquiétude des professionnels, mais sans s’en alarmer, en raison de “la pénurie actuelle de vins bio sur tous les segments du marché”. 2012 risque pourtant d’être un cap, avec une offre nationale de 172 millions de cols bio, contre 77 millions de cols en 2009.

Filières à potentiel

En marge des fruits et légumes très porteurs, les grandes cultures font figure de parent pauvre. Pourtant, leur potentiel est estimé entre 2 000 et 3 000 ha pour les blés tendre et dur, riz, sorgho, tournesol, soja… Mais ce secteur attire peu d’agriculteurs. Les 2 000 ha existants sont surtout composés de prairies temporaires et de luzerne. Si le blé dur reste techniquement difficile à cultiver, une opportunité pourrait être offerte aux blés meuniers avec la démarche Raspaillou hors de son département d’origine, le Gard. En blé dur, la demande serait de 5 000 tonnes (2 500 ha) et de 1 500 tonnes (500 ha) pour le blé de panification. En élevage, surtout caprin, le marché est là mais il manque de brebis. La Bergerie de Lozère travaille à la création d’une nouvelle laiterie pour un investissement de 10 millions d’euros. Enfin, les plantes aromatiques et médicinales sont créatrices de valeur ajoutée pour la bio, notamment dans le contexte des arrachages viticoles en cours dans la région. La filière PAM se développe à bon rythme avec, l’an dernier, la plantation de 7,1 ha de thym et un potentiel estimé à 200 ha toutes plantes confondues.

Fin de l’aide à la certification

La Région a décidé de mettre fin à l’aide à la certification, qu’elle remplace par un visa bio. L’interprofession va devoir rapidement se saisir de cette initiative pour en élaborer le contenu. L’évolution des dispositifs de soutien vise à guider les nouveaux arrivant dans la bio de façon à ce “que nous ne vivions pas dans cinq ans les mêmes crises que nous connaissons aujourd’hui dans l’agriculture conventionnelle”, souligne la Région. S’il est développé à moyens constant, soit une enveloppe de 320 000 euros, le visa devrait favoriser, pour les candidats à la conversion, les débouchés les plus porteurs en fonction de leur exploitation.

Yann Kerveno

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