Réduction des intrants : explorer les pistes

Dans les essais de lutte contre la cicadelle de la flavescence dorée, un traitement ovicide préalable à base d’argile kaolinite calcinée et de l’huile de colza a toujours apporté une plus-value. (© Agrobio Périgord)

Mildiou, oïdium, black rot, eudémis, flavescence dorée… Depuis 2015, Agrobio Périgord mène des expérimentations pour réduire les intrants, optimiser leur efficacité ou même trouver des alternatives à leur utilisation. Des pistes intéressantes sont pointées.

Contre eudémis, “nous expérimentons entre autres l’argile kaolinite calcinée Sokalciarbo, de la société Agrisynergie, explique Éric Maille, conseiller viticulture à Agrobio Périgord. Les années précédentes, nous avions mis en évidence une efficacité insuffisante sur la seconde génération, mais avec des résultats encourageants sur la troisième génération”. En 2017, les essais sont réalisés d’une part chez deux producteurs en grandes parcelles, dans le cadre du réseau Ecophyto Fermes Dephy.

La dose d’application est de 30 kg/ha en plein. Le premier traitement est positionné dès la capture des premiers adultes, le second sept jours après. Le renouvellement se fait ensuite en fonction de la pousse de la vigne et du lessivage par la pluie. “Les résultats sont semblables sur les deux sites et très prometteurs, dès la G2”, se réjouit le conseiller. L’efficacité sur la fréquence d’attaque des chenilles est de 32,26 et 37,93 %. Et celle sur l’intensité des attaques est de 45,88 et 50 %. “À mon avis, ces résultats en grandes parcelles, meilleurs que ceux en micro-placettes, montrent que l’argile, au-delà de la barrière physique, crée aussi un changement d’ambiance de la parcelle, qui perturbe le papillon”, suggère Éric Maille.

Combiner l’argile et le Bt

D’autres essais en micro-placettes, dans le cadre du programme Biotor piloté par l’IFV Charentes, viennent compléter les expérimentations. L’argile y est testée à différentes doses (20 kg/ha en dirigé vers les grappes ou 30 kg/ha en plein) et combinée ou non à un ou deux traitements Bt. “Toutes les modalités présentent une efficacité supérieure à celle du témoin non traité. Elles vont de 36,62 % à 69,01 %. Le meilleur résultat est la modalité argile à 30 kg/ ha en plein combinée à un traitement Bt.” Pour optimiser l’utilisation de l’argile, le conseiller insiste aussi sur la qualité et les conditions de la pulvérisation. “Le recouvrement de l’argile sur les baies doit être optimal. Le réglage du pulvérisateur ne doit pas être négligé et adapté au nombre de rangs traités par passage. La soufflerie de l’atomiseur doit être assez puissante pour soulever les feuilles et assurer leur recouvrement aussi en dessous.” Il est recommandé d’effectuer un effeuillage et un rognage avant le positionnement des traitements. “Ces derniers doivent se faire au bon moment, en fonction des observations réalisées sur les piégeages des adultes et les pontes.

Frédérique Rose

 

 

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