Yann Sauvaire / Lavandin en Provence

Dans les Alpes de Haute-Provence, la ferme bio de Vauvenières revisite la rotation bâtie sur le lavandin. (crédit : Y. Sauvaire)

TÉMOIGNAGE

Il est rare d’entendre qu’une exploitation, si elle n’a pas grossi, a été scindée en deux. En 2015, Yann Sauvaire et son frère se sont chacun installés en nom propre sur une moitié de l’exploitation familiale, soit 25 hectares. “Ce qui était viable avant pour une famille doit maintenant l’être pour deux, sachant que nous n’avons pas repris la partie agrotourisme développée par nos parents”, explique le jeune homme de 30 ans. Sa stratégie a alors été d’intercaler des cultures à haute valorisation. Au lavandin s’ajoutent, entre autres dans la rotation historique, lavande fine et immortelle.

Héritage de valeurs
Le nouvel installé ne part pas de rien. Les 16 années de travail bio de son père vont l’aider à tirer rapidement un revenu de son activité. “J’ai repris des parcelles en très bon état avec des taux de matière organique élevés.” Fertilisation à base de fumier composté avec les pailles de lavandin, rotation intégrant céréales anciennes et sainfoin pour préserver la qualité du sol…, “jamais plus de la moitié de la surface en lavandin”, disait son père. Yann Sauvaire a à cœur de poursuivre l’ascension de la ferme vers l’autonomie. “À terme, grâce aux couverts végétaux, on peut arriver à ne plus fertiliser.” De même, ses essais montrent que l’enherbement spontané de l’inter-rang entraîne une diminution de moitié du nombre de plantes atteintes de dépérissement à phytoplasme au bout de trois ans.  « Beaucoup de nos projets sont des idées qui germaient à l’époque dans la tête de nos parents”, poursuit Yann Sauvaire, évoquant le futur atelier de distillerie ou les haies qu’il plante.

Cécile Marcus

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