S’installer rime avec transformer

Suite du dossier Transformer à la ferme / Témoignages

Sylvain Quet et Antoine Lecointre, se sont installés producteurs-transformateurs de plantes aromatiques et médicinales dans la Vienne. (© Autour des plantes)

Entre le Gard et l’Hérault, Benoît Cassan, paysan-boulanger, s’installe grâce à la transformation. Même choix pour l’EARL Autour des plantes, basée sur un terrain communal à dix kilomètres de Poitiers : deux jeunes associés misent sur les tisanes, aromates, sirops et cosmétiques labellisés Nature et progrès.

Il me fallait une production vite rémunérée.” Six années après s’être reconverti en paysan-bou anger avec 18 hectares dont six chaque année en blé, Benoît Cassan ne regrette pas sa stratégie d’installation. De formation agricole, cet ancien électricien a souhaité revenir à l’agriculture, “par la petite porte, précise-t-il, en limitant les investissements”.

Un moulin pour économiser les coûts
Un garage de lotissement transformé en fournil, équipé d’un four auto-construit, du matériel de meunerie d’occasion (brosse à blé, trieur-séparateur), de même que le petit matériel pour la fabrication… et un moulin, neuf pour sa part, installé sur l’exploitation d’un collègue. “Seulement trois ans et demi pour amortir les 12 000 euros du moulin, alors qu’à 0,40 euro la mouture d’un kilo de blé chez le meunier, mes neuf tonnes chaque année me coûteraient la lourde somme de 3 600 euros à moudre.

De l’entraide bienfaisante
Les fonds dont il avait besoin pour payer le moulin, Benoît Cassan les a demandés à ses amapiens. Un prêt à taux zéro, avec un calendrier de remboursement fait en fonction de la vitesse à laquelle chaque amapien souhaitait voir son argent restitué. “Je verse, pendant quatre ans, 270 euros par mois”, précise le paysan-boulanger. Le moulin, commandé dès le début de son activité, est arrivé trois ans plus tard. “Conçus selon la méthode des frères Astrié, les moulins à meules de pierre fabriqués dans l’atelier Païs en Bretagne sont des plus réputés. D’où la liste d’attente pour le recevoir.” Ce délai a été propice à construire plus qu’une clientèle : une relation de confiance avec ses amapiens pour qu’un tel soutien financier soit envisageable.

Cécile Marcus

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