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Parcours d’installation dans la Drôme : mixité et multi-sociétés

Producteur dans la Drôme sur 20 hectares de plantes aromatiques, médicinales et à parfum bio (angélique, échinacée, hamamélis, cassis, bardane…), Frédéric Nivon doit le maintien de son activité à un développement progressif. La mixité se combine à une structure dédiée de transformation et commercialisation (1).

Frédéric Nivon est installé à Lapeyrouse-Mornay, dans la Drôme, sur 20 hectares en bio et 120 hectares en conventionnel au sein de l’EARL La Joyeuse détenue avec son frère.

Frédéric Nivon est installé à Lapeyrouse-Mornay, dans la Drôme, sur 20 hectares en bio et 120 hectares en conventionnel au sein de l’EARL La Joyeuse détenue avec son frère (crédit photo : CPPARM).

Frédéric Nivon s’installe en 1989 sur l’exploitation familiale qui cultive alors des céréales, du tabac brun et blond et du cassis fruit. En complément des fruits, les feuilles de cassis sont exploitées. En 2000, les surfaces de tabac diminuent ; fort de l’expérience dans les feuilles de cassis ayant permis de nouer des contacts dans la filière PPAM, principalement avec des entreprises de la Drôme, le jeune homme se lance dans de nouvelles plantes dont le millepertuis et la valériane.

Installation en bio pas à pas

En 2003, face à un marché du cassis fruits difficile, 10 hectares entrent en conversion. Une exploitation est créée dans ce but spécifique au côté de la structure conventionnelle l’EARL la Joyeuse (120 hectares détenue avec son frère). Dans le même temps, Frédéric Nivon fonde, avec son épouse, la SARL Toutpam qui commercialise les produits des deux exploitations ainsi que des feuilles achetées à l’extérieur (menthe mélisse, cassis principalement, et un peu gingko…). Cette structure propose également une prestation de service en transformation à tous les agriculteurs : lavage de racines, coupe, tamisage, triage, séchage…, ce qui représente 10 % de son activité.

Impressionnant four de séchage

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Le séchoir permet d’abaisser le taux d’humidité des plantes à 30 %.(crédit photo : CPPARM)

De 2003 à 2010, les productions de PPAM bio se développent. En 2009, Frédéric Nivon se voit sollicité, pour de la menthe conventionnelle origine France avec un contrat d’engagement sur 3 ans, et un prix fixé. Une réflexion s’engage, surtout sur les conditions de séchage. Celui-ci était alors réalisé sur des caillebottis, ce qui engendrait beaucoup de travail manuel. L’agriculteur sollicite un bureau d’étude turc en collaboration avec le Centre régional interprofessionnel d'expérimentation en PPAM (Creippam) pour fabriquer un nouveau four de séchage installé en 2011. Les plantes sont tout d’abord coupées, ensuite, une soufflerie retire une partie des tiges. Un tapis apporte les produits de manière régulière à l’entrée du four. Celui-ci est constitué de trois tapis en PVC perforés, faisant passer l’air chaud. Le produit reste 3 heures par étage, pour un taux d’humidité final d’environ 30 %. La fin du séchage est effectuée dans d’anciens fours à tabac.

Dans les secteurs de l’herboristerie et de l’agro-alimentaire, afin de livrer un produit prêt à être utilisé – telle est l’exigence − Frédéric Nivon dispose, en plus, d’une coupeuse, d’un broyeur pour des coupes de 3 à 15 mm et d’un trieur zig-zag séparant les tiges des feuilles.

Une demande de produits français

Les marchés servis sont ceux de l’aromatique, du médicinal et de la cosmétique. « Je transforme en fonction des demandes des clients, principalement français », précise-t-il. « En général, les plantes sont vendues avant d’avoir été produites. »

En 2010, les produits origine France étaient recherchés puis le prix d’achat est redevenu la priorité. Depuis 2013, l’agriculteur ressent à nouveau une demande de produits français « à condition que les clients jouent le jeu de la qualité ». Autre évolution observée actuellement, la mise en place, au sein de petites fermes, d’ateliers PPAM, « suite à la diminution des aides sur les cultures de tabac ». Mais « les lourds investissements pour la transformation restent d’importants freins ; ils doivent donc être assumés par une structure extérieure ». C’est pourquoi le producteur drômois pense mettre à disposition de ces nouveaux venus une partie de son matériel afin, en outre, d’amortir ses investissements.

 

Louise François, CPPARM

(1) Sa ferme a été visitée lors d’un voyage organisé, en novembre 2014, par le Comité bio du Comité des plantes à parfum, aromatiques et médicinales (CPPARM) dans le Sud-Est de la France.

 

Culture sur butte

Frédéric Nivon plante ses plants mini-mottes, autoproduits sous serre, sur une butte large de 1,40 m, à raison de 3 rangs par butte. Cette technique permet l’enfouissement des cailloux, l’amélioration de la qualité de la terre sur la butte, de rouler uniquement dans l’inter-rang et de pratiquer des faux-semis sur les buttes.

 

 

 

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