Petits fruits : valoriser des petites surfaces

INTERVIEW

(© P. Piard)

Florence Assezat est technicienne au GIE Fruits rouges du Velay, basé à Saint- Jeures en Haute-Loire. Elle accompagne la quarantaine de producteurs adhérents, dont sept sont en bio.

Biofil : Framboise, myrtille, cassis, mûre, groseille… Comment se vendent les petits fruits bio ?

Florence Assezat : La framboise et la myrtille sont les plus recherchées. Et encore plus la fraise – si on la compte parmi les petits fruits. Nous avons parfois plus de mal à écouler les mûres et les groseilles. Ces dernières sont vendues de temps en temps en conventionnel. Côté concurrence étrangère, de la framboise bio vient des pays d’Europe de l’Est à des prix très bas, mais surtout pour la transformation. L’apport de petits fruits frais des pays du Sud de l’Europe arrive tôt en saison, en décalage avec nos cueillettes d’été, ce qui ne fait pas ombrage.

Sur quels ravageurs et maladies la lutte est-elle encore difficile ?

F.A. : Pour les groseilles, myrtilles et cassis, il y a peu de soucis. Sur la framboise, l’anthonome est un petit charançon qui coupe la fleur avant qu’elle ne s’ouvre. Cela engendre des baisses de rendements. Il n’y a pas d’auxiliaires connus en France. Nous avons fait des essais avec des extraits de plantes, en répulsif : menthe, tanaisie, rue, saponaire. Ou en frappant les branches pour faire tomber les insectes dans une bassine, mais les résultats sont mitigés dans les secteurs de fortes infestations. Sur la mûre, parfois les Eriophyes, des acariens microscopiques, sont problématiques. Ils empêchent un mûrissement complet du fruit. On peut avoir du mal à s’en débarrasser. Nous allons essayer des lâchers d’auxiliaires – des acariens prédateurs – mais pour l’instant nous n’avons rien trouvé de probant.

Propos recueillis par Frédérique Rose

 

 

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