Permaculture et purins de plantes

Des récoltes boostées sur des sols vivants

Aucune application de cuivre sur les tomates : “ce fongicide détruit tous les champignons, même les phytophages du mildiou”, dénonce David Gasnier. En cas d’attaque, il pulvérise les macération de plantes de J3C-Agri. (crédit : C. Rivry-Fournier)

Chez David et Irène Gasnier, maraîchers à Pannecé en Loire-Atlantique, renforcer la vie du sol est une priorité. Le passage à la permaculture, après 16 ans de “bio classique”, amplifie l’action des macérations de plante.

Au Gaec des Cinq chemins, le grand virage date de 2012 : “ nous avons décidé de passer en permaculture, sans travail mécanique, car les sols étaient en grande souffrance, explique David Gasnier. L’exploitation familiale, que nous avons reprise en 1996, était en bio depuis 1985. Mais au fur et à mesure, les sols s’appauvrissaient.” Malgré l’apport d’engrais organiques – “mais sans utiliser de compost, car difficile de se fournir en fumier” – et des rotations, les cailloux sont apparus. Les cultures s’essoufflaient. Et les maraîchers aussi. Conscients de l’intérêt du purin d’ortie qu’ils fabriquent eux-mêmes, ils s’aperçoivent que ce n’est pas suffisant. “Après avoir fait des recherches sur internet et lu La révolution d’un seul brin de paille de Masanobu Fukuoka, changer de système m’a paru une évidence”, raconte David Gasnier. Fini le travail du sol sur leurs 10 000 m2 de maraîchage, moitié sous tunnels, moitié en plein champ. Quant aux 3,5 hectares supplémentaires de légumes, ils ne tolèrent que l’outil Eco-Dyn, acquis tout exprès, pour un travail sur planches très superficiel de 10 cm de profondeur.

Bâchage et engrais verts
Nous avons quand même essuyé les plâtres, et accumulé beaucoup d’erreurs et d’heures de travail”, reconnaissent David et Irène Gasnier, tous deux titulaires d’un BTS horticole. Il y a encore cinq ans, la permaculture était peu connue, suscitant peu d’intérêt. Presque rien sur quoi s’appuyer, hormis le guide de Dominique Soltner. “Le sol argilo-limoneux nous faisait payer des erreurs de 15 ans, avec des rumex, chardons, liserons… Mais la terre sait se régénérer, même si elle est au bout du rouleau”, sourit le maraîcher. À force d’être coupés, les chardons et les rumex se font plus rares… Mais c’est surtout le bâchage qui s’avère le plus efficace. Le principe de la permaculture est simple… en théorie : allier rotations, associations de cultures et implantations d’engrais verts pour semer les légumes en direct sur planches de 90 cm à un mètre de large, légèrement surélevées de 10 à 20 centimètres. Beaucoup de combinaisons sont testées. En engrais verts, le mélange vesce-féverole- seigle, fait ses preuves, même si la paille du seigle se décompose moins bien. “À la fin d’une culture de printemps, on occulte la surface, on y ajoute les plantes du passe-pied, et après six semaines, on sème l’engrais vert. Quand il est à maturité, le sol est arrosé, l’engrais vert roulé, et réocculté pendant 15 jours à trois semaines”, détaille le maraîcher.

Christine Rivry-Fournier

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