Une question épineuse : Maîtriser le chardon des champs

Ennemi majeur des cultures bio, un chardon peu produire 4000 à 5000 graines par an

Bête noire des céréaliers bio, le chardon des champs (Circium arvense) est responsable de grosses pertes de rendement en céréales, notamment sur blé mais aussi sur protéagineux. Sa maîtrise, difficile, fait appel à une combinaison de moyens, préventifs mais aussi curatifs.

« Le chardon des champs a des exigences écologiques peu marquées, indique David Knodden, animateur de l’association belge Fourrages Mieux (1). Lutter contre ses envahissements est difficile en raison de la forte capacité de multiplication de la plante et de la présence de réserves nutritives dans les rhizomes.” “Grâce à des racines traçantes pouvant descendre jusqu’à 6 mètres, le chardon peut progresser latéralement de 2 mètres par an, explique Vincent Moulin, technicien à la FDGeda du Cher(1). Par ailleurs, il peut produire 4 000 à 5 000 graines par an et leur viabilité peut aller jusqu’à vingt ans.”

Contre cet ennemi majeur des cultures bio, dont le caractère vivace s’acquiert au bout de quelques semaines seulement, plusieurs méthodes de lutte existent. Introduire des prairies “La prairie est l’outil premier de lutte car les fauches répétées épuisent les chardons, tandis que le maintien d’un couvert dense, de type RGI, contribue à les étouffer (2) analyse David Knodden. Si l’on veut éviter la production de semences viables, il convient de faucher assez tôt, lorsque l’adventice atteint 15 à 20 cm, et non à la floraison. Par ailleurs, on pénalise l’implantation des chardons lorsqu’on sème la prairie au printemps et non en fin d’été, après un couvert de type avoine, seigle/vesce ou trèfle incarnat. Un travail du sol profond en période sèche, sur sol frais, suivi de deux passages pour extirper les chardons, est aussi intéressant.

Cependant, à long terme, seul un travail sur les causes d’apparition du chardon est efficace.” “ Il existe un flux cyclique de réserves carbonées dans les racines. Aussi, les interventions de désherbage doivent-elles avoir lieu de préférence lorsque les ressources carbonées sont à leur minimum dans les racines, c’est-à-dire en mai-juin, afin de limiter la repousse et d’épuiser les réserves de la plante”, indique Vincent Moulin. Menée par Arbiotech, Biociel et les Gab de la région Centre, une expérimentation sur l’efficacité du déchaumage mécanique a été conduite entre 2004 et 2005 sur les terres de Gabriel Monmarché, agriculteur bio à Chambray-les-Tours, dans l’Indre-et-Loire.

L’optimum, trois passages

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Retrouvez l’intégralité de l’article dans Biofil n°76

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