Mélanges d’espèces : des possibilités illimitées

Très répandus en bio, les mélanges d’espèces permettent de bénéficier de nombreux effets de synergie, notamment lorsque sont associées céréales et légumineuses. Récoltés en grains secs, en foin, voire en ensilage, ils ont leur place dans la plupart des assolements des éleveurs mais aussi des céréaliers.

Les associations de cultures ne sont pas récentes. On pratiquait déjà les mélanges céréales et légumineuses dans l’Ouest de la France au moins dans la première moitié du XXe siècle. De plus, le biologiste finlandais Virtanen, prix Nobel de chimie en 1945, avait montré l’intérêt des associations entre graminées et légumineuses”, rappelle Joseph Pousset, conseiller indépendant en bio. Si, aujourd’hui, l’association triticale-pois voire triticale-pois-avoine est la plus répandue notamment chez les éleveurs, bien d’autres possibilités sont offertes par les mélanges d’espèces.

Lentilles-cameline et colza-trèfle

À la ferme de la Bergerie, à Chaussy, dans le Val d’Oise, les mélanges d’espèces sont des pratiques courantes. Outre le mélange seigle-lentillon, la ferme met en place depuis 5 ans un mélange lentilles-caméline (un oléagineux de la famille des crucifères). “La lentille est difficile à cultiver en pur en bio. C’est une plante peu couvrante qui a tendance à s’affaisser à la récolte. La caméline a été choisie pour son rôle de tuteur mais aussi car c’est une très petite graine, facile à séparer de la lentille après récolte. Le mélange est semé en mars à raison de 5 kg de caméline et 100 kg de lentilles après un labour d’hiver et quelques façons culturales.” Aucune intervention mécanique n’est réalisée entre le semis et la récolte : “le mélange vient après une prairie temporaire de 4 ans et un blé, ce qui limite le salissement”.

La ferme cultive aussi un autre mélange, du colza associé à du trèfle blanc. “La pratique consiste à implanter du trèfle blanc nain, soit juste après le semis du colza à la volée avec un appareil type Delimbe, soit à le semer en même temps que le colza.” Les doses respectives sont de 5 à 6 kg pour le colza et 15 kg pour le trèfle. Si le trèfle ne concurrence pas le colza, il contribue néanmoins à freiner le développement des adventices. Après la récolte du colza, la végétation du trèfle explose et fixe de l’azote jusqu’au semis du blé suivant. “La réussite de cette association est néanmoins conditionnée à la présence d’une humidité suffisante au semis pour que le trèfle puisse germer”.

Jean-Martial Poupeau

Retrouvez l’intégralité de l’article dans Biofil n°71

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