La luzerne fraîche pour fertiliser le blé

Épandage de luzerne fraîche sur chaumes de soja avant blé. (crédit : JM Poupeau)

Le Gaec de Neuvelle en Côte-d’Or mène depuis deux ans un essai de fertilisation de blé d’hiver par la luzerne fraîche. “L’objectif est de pallier l’absence de débouchés pour la luzerne certaines années mais aussi éviter d’exporter les éléments fertilisants”, indique Pierre Robin, l’un des quatre associés.

La luzerne est épandue quelque temps avant le semis de blé, fin octobre-début novembre. “L’essai porte sur du blé de soja car ce dernier n’apporte que peu d’azote à la céréale”, détaille le producteur. Conduit en partenariat avec le GIEE “Fertiliser le blé d’hiver par la luzerne fraîche”, Dijon Céréales et la chambre d’agriculture de Côte-d’Or, l’essai s’inspire des travaux d’Eugène Triboï, un ancien ingénieur de l’Inra – système Lome – ainsi que d’expérimentations menées en Suisse par Agridea – projet Herbe fertilisante. La technique consiste à ensiler la luzerne de 2e ou 3e coupe, après fauche et andainage direct, entre mi et fin septembre. Vidée directement dans un Fliegl Gigant à table d’épandage, la luzerne est ensuite épandue sur chaumes de soja.

Une mise en oeuvre difficile
L’essai, mené en conditions agriculteur, teste l’effet d’apport de luzerne à des doses croissantes – de 5 à 15 t/ MS/ ha – ainsi que l’association de fientes de volailles et de luzerne. “La principale difficulté réside dans la nécessité de réaliser simultanément récolte de la luzerne, épandage et enfouissement superficiel, sous peine de perdre de l’azote par volatilisation.” Selon Pierre Robin, il faut récolter au moins 10 q/ha de blé en plus par rapport au témoin sans azote pour que l’opération soit rentable (1). Ce seuil n’est atteint ni en 2015 – le témoin sans fertilisation avait un niveau de rendement très élevé – ni en 2016 : le gain est de 4 q/ha, avec un témoin à 21 q/ha. “L’essai va être poursuivi plusieurs années afin de valider la technique et de vérifier son intérêt économique”, conclut Frédéric Rossignol.
À suivre.

Jean-Martial Poupeau

(1) Sur la base d’un apport de 5 t/MS/ha de luzerne, équivalent à environ 100 unités d’azote.

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